vendredi 9 décembre 2016

Comment les eskimos gardent les bébés au chaud - Mei-Ling Hopgoog

Par Daphné















Auteur :  Mei-Ling Hopgoog
Titre : Comment les eskimos gardent les bébés au chaud
Genre : 
Langue d’origine : anglais (Etats-Unis)
Traducteur : Marine Bramly
Editeur : JC Lattes
Nombre de pages : 352
Date de parution : 2012


Résumé de l'éditeur :


Journaliste et jeune maman, Mei-Ling Hopgood s’est lancée dans un tour du monde des méthodes éducatives. Elle a interrogé des parents issus des cultures les plus diverses, des anthropologues, des éducateurs, et des experts en puériculture.
Ainsi, les Chinois sont les rois de l’apprentissage de la propreté. Chez eux, le pot, ça commence à 6 mois ! Quant aux Kenyans, ils portent leurs bébés sur le dos, sanglés dans des écharpes colorées. Les Tibétains, eux, chouchoutent les femmes enceintes et les encouragent à méditer le plus possible. Au Japon, les parents laissent leurs enfants jouer aux jeux de mains sans trouver ça vilain ! Toutes ces découvertes – et il y en a bien d’autres – , Mei-Ling Hopgood les a testées sur sa propre fille, dès la naissance.
Ce regard original sur l’éducation nous offre non seulement la possibilité d’expérimenter certaines de ces traditions mais nous prouve aussi qu’il y a mille et une façons d’être de bons parents. »

Mon avis :

Tout d'abord attirée par le titre de ce livre - auquel ne sera d'ailleurs pas donné de réponse!-, c'est avec beaucoup de plaisir que je suis partie pour un petit tour du monde éducatif avec cette lecture.

 Une jeune maman américaine vivant à Buenos Aires se rend compte des différences entre les modes éducatifs du pays dans lequel elle vit et celui d'où elle vient. Loin de juger ces différences, elle décide alors de partir à la découverte des diverses méthodes d'éducation à travers le monde. Elle interroge ainsi des parents de différentes cultures, des anthropologues, des éducateurs... et nous fait part de ces différences. 

S'inspirant de certaines de ces différences dans l'éducation de a propre fille et s'appuyant sur ces nombreux témoignages, elle constate alors à quel point nous sommes, en tant que parent, imprégnés de notre culture et du territoire géographique sur lequel on vit et combien cette imprégnation rejaillit sur la manière dont nous considérons et élevons nos enfants.

L'auteur s'abstient là de tout conseil et de tout jugement. Elle observe, écoute, constate et décrit l'éducation à travers le monde en toute simplicité. Il en ressort un livre particulièrement intéressant.  Nous décrivant avec humour ses propres expériences, l'auteur  pousse le lecteur à réfléchir sur sa manière de voir les choses et sur la différence. 

J'ai vraiment aimé ce livre, me passionnant sur de multiples détails que je ne connaissais pas, découvrant des cultures dont j'ignorais quasiment tout, m'interrogeant sur nos certitudes occidentales, sur les nombreuses différences mais également similitudes qui existent entre les pays. Ce livre regorge d'anecdotes m'ayant paru tour à tour, étonnantes, amusantes, parfois un peu choquantes... et pourtant combien d'autres parents dans le monde seraient amusés, étonnés ou choqués par ma propre manière de penser et d'agir en ce qui concerne mes enfants!

Un livre qui fait du bien, qui donne à réfléchir et à vouloir en savoir davantage encore sur les relations parents/enfants à travers le monde!


Extrait :

"Ne confondez pas l'acquis et l'inné. La culture n'est pas la nature.
Le problème, poursuit il, c'est quand une culture prédominante comme la nôtre, habituée à lancer les tendances et les modes , se met à considérer ses particularités comme des généralités et en vient à les croire innées, biologiques et génétiques."

jeudi 8 décembre 2016

Quelqu'un qu'on aime - Séverine Vidal

Par Roxane




Titre : Quelqu'un qu'on aime
Auteur : Séverine Vidal
Langue publication : Français
Éditeur : roman sabacane
Nombre de pages : 202
date publication : 26 aout 2015

Présentation de l'éditeur :
Matt a un projet fou : refaire avec son grand-père Gary la tournée d’un crooner mythique des années 50, Pat Boone. Un road-trip pour rattraper au vol les souvenirs qui s’échappent…
Mais rien ne se passera comme prévu ! Peu avant le départ, Matt apprend qu’il est le père d’une petite Amber de 18 mois – et qu’il doit s’en occuper pour quelques semaines. À l’aéroport, une tornade s’annonce : les avions ne décollent plus. Matt, Gary et le bébé grimpent à bord d’un van de location… et, ultime surprise, deux personnes les rejoignent : Luke, ado en fugue, et Antonia, trentenaire prête à changer de vie.   Tous ensemble, ils font cap vers l’Ouest du pays. Arizona, Californie, Nevada, sur la piste du passé, des souvenirs et autres histoires bien vivantes. On les suit, d’étape en étape, tandis qu’ils commencent à former une tribu bancale, une petite famille folle et joyeuse, réunie autour de Gary.
Mon avis : 
J'ai reçu ce livre l'année dernière à Noël et il m'aura fallu attendre tout ce temps avant de le sortir de ma PAL. J'attendais le bon moment, et ce fut un long trajet en train pour aller en Bretagne.
Je ne regrette pas d'avoir attendu car je l'ai lu dans les meilleures conditions. Ce livre c'est ma définition du feelgood. Il est léger, drôle et gentillet voir un peu niais.
Certes le sujet principal est la maladie d’Alzheimer, une maladie grave et handicapante, mais traité de façon relativement légère. Alors que l'on nous donne une profusion de détails techniques, des symptômes aux conséquences, en passant par le traitement. J'ai appris beaucoup de choses sur cette maladie, on sent que l'auteur a fait un énorme travail de recherche. Pourtant j'avais l’impression d'être à Disney-land où « tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil ».
Les personnages ont beau être très attachants, ils sont surtout des clichés ambulants. Heureusement qu'il n'y a pas d'histoire d'amour entre les protagonistes, ça aurait était le pompon !
Je ne sais vraiment pas quoi dire de plus sur ce livre. Il n'y a pas beaucoup de matière. J'ai quand même adoré ma lecture. Je trouve que ce livre fait pile la bonne taille car que s'il y avait ey 100 pages de plus j'aurais une overdose de guimauve, et autres bons sentiments.
Citation :
« Des falaises fragiles, en sursis, voilà ce qu'on est. »

mercredi 7 décembre 2016

Mercredi, c'est le jour des petits - Le livre en colère! - Cédric Ramadier et Vincent Bourgeau

Par Daphné
















Auteur : Vincent Bourgeau
Illustrateur : Cédric Ramadier
Titre : Le livre qui dort
Editeur : L'école des loisirs

Résumé :

Après le livre qui dort, voici le livre en colère, tellement en colère qu’il est tout rouge ! Mais la colère, heureusement, passe et le livre se calme, se détend petit à petit. Ouf ! Ça y est, le livre n’est plus fâché !

Mon avis :

Voilà un livre auquel je n'ai pas résisté lorsque je l'ai vu! Tout d'abord, Le livre qui dort, du même auteur a été l'un des premiers à véritablement intéresser ma fille et il a été, pendant longtemps, un incontournable de notre bibliothèque. Et puis surtout, la couverture de ce livre m'a vraiment fait penser à ma fille de deux ans et demi : elle a exactement le même regard lorsqu'elle est en colère!

Cet album nous parle d'une émotion que les enfants connaissent bien : il est en colère. tellement en colère qu'il en devient tout rouge!

Une petite souris rose (la même que dans Le livre qui dort) tente de comprendre les raisons de cette colère et de l'aider à se calmer...mais le livre ne se calme pas si facilement! La souris lui propose diverses solutions : s'isoler un peu, lui laisser du temps, expliquer ce qui ne va pas... ça ne fonctionne pas forcément mais de proposition en proposition, tout cela finira progressivement à apaiser le livre...et lui rendre sa couleur d'origine! Au fur et à mesure qu'il se calme, le livre passe en effet du rouge à l'orange puis de l'orange au jaune... ouf, ça va mieux! Le dégradé de couleur représente l'apaisement progressif de la tension, ainsi facilement repérable pour l'enfant. Celui ci comprend au fil des pages, que comme tout le monde, le livre, lorsqu'il est en colère met du temps à se calmer et que cela se fait progressivement. 

Les textes et les illustrations sont simples mais très expressives!

Un livre que ma fille apprécie beaucoup et qui nous a parfois bien aidé dans les moments de colère! Elle est même allée se regarder une fois dans la glace pour vérifier si elle était devenue aussi rouge que le livre!




mardi 6 décembre 2016

La valse des arbres et du ciel - Jean-Michel Guenassia

Par Ariane



Auteur : Jean-Michel Guenassia

Titre : La valse des arbres et du ciel

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Albin Michel

Nombre de pages : 304p

Date de parution : août 2016

Présentation de l’éditeur :

Auvers-sur-Oise, été  1890. Marguerite Gachet est une jeune fille qui étouffe dans le carcan imposé aux femmes de cette fin de siècle. Elle sera le dernier amour de Van Gogh. Leur rencontre va bouleverser définitivement leurs vies.
Jean-Michel Guenassia  nous révèle une version stupéfiante de ces derniers jours.
Et si le docteur Gachet n’avait pas été l’ami fidèle des impressionnistes mais plutôt un opportuniste cupide et vaniteux ? Et si sa fille avait été une personne trop passionnée et trop amoureuse ? Et si Van Gogh ne s’était pas suicidé ? Et si une partie de ses toiles exposées à Orsay étaient des faux ?…
Autant de questions passionnantes que Jean-Michel Guenassia  aborde au regard des plus récentes découvertes sur la vie de l’artiste. Il trouve des réponses insoupçonnées, qu’il nous transmet avec la puissance romanesque et la vérité documentaire qu’on lui connaît depuis Le Club des incorrigibles optimistes.



Mon avis :

En cette rentrée littéraire, plusieurs romans traitent de l’art et des artistes. C’est un sujet qui m’intéresse beaucoup, aussi ces romans m’attirent-ils particulièrement. J’ai commencé par New York, esquisses nocturnes que j’ai trouvé très bien écrit, mais l’art moderne et urbain ne me touche pas du tout. Je suis bien plus sensible aux œuvres de Monet (sujet d’un autre nouveau roman que j’ai bien l’intention de lire) ou de Van Gogh dont il est ici question.

Jean-Michel Guenassia revient sur les derniers mois de vie de Vincent Van Gogh à Auvers-sur-Oise, pendant lesquels il a été en contact étroit avec le docteur Gachet. Guenassia imagine une histoire d’amour intense entre l’artiste et Marguerite, la fille du médecin. Marguerite est une jeune fille intelligente, passionnée de peinture et qui rêve d’un autre avenir que d’être simplement épouse et mère. La découverte de la peinture de Van Gogh la bouleverse, elle est conquise autant par l’homme que par son œuvre. L’histoire d’amour qui naît entre eux semble toutefois à sens unique, la peinture étant la priorité de l’artiste. 
Marguerite Gachet dans son jardin (1890)

Se basant sur certains témoignages remettant en cause la thèse officielle du suicide de Van Gogh, Guenassia revisite totalement l'histoire. L’amourette de Vincent et Marguerite est séduisante. Alors bien sûr, les personnages imaginés par Guenassia sont bien différents de ceux dont ils sont inspirés, mais ce sont de beaux personnages, c’est une belle histoire d’amour et c’est un vibrant hommage à  l’œuvre exceptionnelle de Van Gogh. A cet homme qui a connu la misère, dont le talent n’a pas été reconnu de son vivant et qui a souffert de troubles mentaux, Guenassia offre l’amour et l’espoir. 
Les champs aux corbeaux (1890)


Je n’avais pas encore eu l’occasion de lire Guenassia, et ce malgré l’avalanche de billets plus que positifs consacrés à son précédent roman, Le club des incorrigibles optimistes (il faut dire que pour une raison qui m'échappee, les titres à rallonge me rebutent) et ce roman est une excellente découverte. 




Extrait :

« Je me suis souvent demandé comment Vincent voyait le monde. Chaque jour de ma vie, je me suis interrogée : qui avait-il de si particulier dans ses yeux, de si extraordinaire dans son regard, pour qu'il peigne de cette façon ? Je n'ai pas la réponse. »


Les avis d'Eva, Laure,

lundi 5 décembre 2016

Incandescences - Ron Rash

Par Daphné





















Auteur : Ron Rash
Titre : Incandescences
Genre : nouvelles
Langue d’origine : anglais (Etats-Unis)
Traducteur : Isabelle Reinharez
Editeur : Seuil
Nombre de pages : 208
Date de parution : avril 2015

Résumé de l'éditeur :


Les douze nouvelles de ce recueil sont des portraits de désespoir rural, des tranches de vie oblitérées par la misère, le manque d'éducation, la drogue. Situées dans le décor sauvage et magnifique des Appalaches, déjà rencontré dans Le Monde à l’endroit et Une terre d’ombre, elles évoluent entre l’époque de la guerre de Sécession et nos jours. Elles décrivent avec une compassion affligée et lucide de pathétiques gestes de survie, une violence quotidienne banalisée par la pauvreté, des enfants sacrifiés par leurs parents au culte de la meth ou des actes meurtriers commis sous couvert de bonnes intentions. Elles parlent aussi de vieux mythes et des croyances qui perdurent dans cette contrée imperméable au progrès et à la modernité.


À mi-chemin entre le minimalisme de Raymond Carver et le gothique de William Faulkner, Ron Rash écrit une prose d'une noirceur poétique, laissant par instants entrevoir un éclair d'humanité même chez les êtres les plus endurcis.

Mon avis :


Je ne lis généralement pas beaucoup de nouvelles. Elles me semblent souvent trop courtes : à peine a t-on le temps de rentrer dans l'histoire qu'elle est déjà finie. Il semblerait cependant que Ron Rash soit en passe de devenir à mes yeux un auteur à ne manquer sous aucun prétexte car ce recueil de nouvelles m'a plu tout autant que ses romans!

Ni joie ni espoir dans ces nouvelles. Ron Rash nous dresse ici le portrait de la misère.  Que ce soit sous fond d'alcool ou de méthamphétamine, de nos jours ou durant la guerre de sécession, la violence et la pauvreté font rage dans ces nouvelles toutes plus sombres les unes que les autres. 

L'écriture franche et sans fioriture de l'auteur m'a une fois de plus séduite. Ron Rash n'a pas son pareil pour immerger entièrement le lecteur dans son univers. Même s'il s'agit de seulement quelques pages, on se retrouve plongé dans une histoire dont on ressort à bout de souffle pour aussitôt replonger dans une autre, tout aussi sombre, tout aussi désespérée mais pourtant éclairée par la profonde humanité que l'on décèle dans cette incontournable écriture. 



Extrait :

Parson chercha ce qui pourrait la distinguer de la bonne douzaine de femmes qu'il voyait chaque semaine. Il lui fallut un petit moment mais il trouva quelque chose, un trèfle à quatre feuilles bleu tatoué sur son avant-bras. Il plongea son regard dans ses yeux morts et ne vit aucun signe que la chance l'ait trouvée.





dimanche 4 décembre 2016

Bilan de novembre (Daphné)

Par Daphné


Un très gros coup de cœur ce mois ci avec Gretel and the dark, un livre qui m'a beaucoup marquée. J'ai une fois de plus été conquise par l'écriture de Jon Kalman Stefansson en lisant La tristesse des anges. De très bons moments de lecture aussi avec Continuer, Incandescence et Harry Potter et l'enfant maudit, livre dont j'attendais la lecture avec impatience. J'ai également bien apprécié Le secret de la manufacture des chaussettes inusables. En revanche, j'ai eu beaucoup de mal à me plonger dans Shalom India Residence et en ai finalement abandonné la lecture. Peut-être y reviendrais je plus tard.


  




 



 



Et le mois prochain, que lirai je?

 


Pour le mois de décembre, j'ai prévu de lire Les reflets d'argent de Susan Fletcher et Comment les eskimos gardent les bébés au chaud de Mei-Lin Hopgood.






samedi 3 décembre 2016

Bel-Ami - Guy de Maupassant

Par Ariane


Auteur : Guy de Maupassant

Titre : Bel-Ami

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : folio classique

Nombre de pages : 448p

Date de parution : 1885

Présentation de l’éditeur :

Georges Duroy, dit Bel-Ami, est un jeune homme au physique avantageux. Le hasard d'une rencontre le met sur la voie de l'ascension sociale. Malgré sa vulgarité et son ignorance, cet arriviste parvient au sommet par l'intermédiaire de ses maîtresses et du journalisme. Cinq héroïnes vont tour à tour l'initier aux mystères du métier, aux secrets de la mondanité et lui assurer la réussite qu'il espère. Dans cette société parisienne en pleine expansion capitaliste et coloniale, que Maupassant dénonce avec force parce qu'il la connaît bien, les femmes éduquent, conseillent, œuvrent dans l'ombre. La presse, la politique, la finance s’entremêlent. Mais derrière les combines politiques et financières, l'érotisme intéressé, la mort est là qui veille, et avec elle, l'angoisse que chacun porte au fond de lui-même.



Mon avis :

Guy de Maupassant est sans doute l’un de mes écrivains français préféré. J’en ai commencé la lecture très tôt avec des éditions pour enfants des Contes normands et parisiens et des Contes du jour et de la nuit. J’ai poursuivi avec les recueils de nouvelles dont je conserve un vif souvenir. Mais jusqu’à présent je n’avais lu qu’un seul de ses romans. Ma thématique classique pour le petit bac organisé par Enna  aura été l’occasion pour moi de renouer avec cet auteur que j’affectionne tant et d’enfin découvrir la plus connue de ses œuvres.

Georges Duroy, ancien sous-officier, travaille désormais pour les chemins de fer. Obligé de vivre chichement alors qu’il se rêve en homme riche, il rencontre par hasard un ancien camarade de régiment qui le met sur la voie de l’ascension sociale. C’est ensuite grâce aux femmes et à son opportunisme que cet homme sans scrupules parviendra gravir les échelons.

Le personnage de Georges Duroy, héros de ce roman, n’a de héros que le nom. Si au départ on peut éprouver une vague sympathie pour ce jeune homme ambitieux et sans le sou, très vite on le découvre retors et arriviste. Séduisant et séducteur, il n’hésite pas à jouer de son charme pour parvenir à ses fins, à manipuler les femmes qui tombent dans ses filets. Ses seuls moteurs semblent être son ambition sans limites et sa soif d’argent et de pouvoir. Bel-Ami, quel surnom ironique pour cet homme odieux !

Outre le personnage de ce goujat, les femmes tiennent un rôle essentiel dans ce roman : Madeleine Forestier, Clothilde de Marelle, Virginie Walter et sa fille Suzanne. Elles incarnent quatre types féminins différents mais représentatifs des femmes de la bonne société de l’époque. Madeleine Forestier est sans conteste la plus intéressante. Cette jeune et jolie femme a surtout oublié d’être idiote et l’on comprend rapidement que son époux ne serait certainement jamais arrivé si haut sans son aide. Elle est sans doute la seule véritable journaliste du roman. On éprouve une certaine pitié pour cette femme obligée de se cacher derrière un époux pour écrire, époux qui en retire tout le mérite. Les femmes œuvrent dans l’ombre et les hommes sont sur la scène.

Outre ce thème intéressant, Maupassant aborde également celui des liens existant entre le monde politique et le monde de la presse. Les uns font les autres et réciproquement. Se pose ainsi la question de la légitimité et de l’impartialité de la presse.

On peut parfois craindre un style lourd et ampoulé chez les auteurs classiques, ce n’est jamais le cas avec Guy de Maupassant. Si j’aime en général la légèreté de sa plume, c’est le long monologue de Norbert de Varenne, collègue et ami de Duroi, qui m’a profondément marquée. Avec quelle justesse il expose cette peur primaire de l’être humain, cette crainte du temps qui passe, cette angoisse devant le néant et la vacuité de l’existence.

Un roman qui m’a profondément séduite et qui m’a rappelée à mes premières amours littéraires.



Extrait :

« Moi maintenant, je vois la mort de si près que j’ai souvent envie d’étendre le bras pour la repousser… Je la découvre partout. Les petites bêtes écrasées sur les routes, les feuilles qui tombent, le poil blanc dans la barbe d’un ami, me ravagent le cœur et me crient : la voilà ! »

http://ennalit.canalblog.com/archives/2016/01/01/33098969.htmlhttp://profplatypus.fr/challenge-classique-2016/