mercredi 20 septembre 2017

Mercredi, c'est le jour des petits - Tout s'métisse, voyages musicaux à travers le monde

Par Daphné





 





C'est un petit voyage musical que je vous propose de vous faire découvrir aujourd'hui avec la collection Tout s'métisses. Mes filles et moi sommes sous le charme de ces CD accompagnés d'un livre qui nous font découvrir la musique à travers le monde. Ils ont été créés par une association qui oeuvre à promouvoir la diversité culturelle à travers la musique et la lecture. 


Et quelle magnifique découverte, en effet ! A travers les livres et les chansons, nous découvrons des instruments de musique, l'histoire de différents pays, sa faune, sa flore... 




Les chansons, souvent très entraînantes, alternent les voix d'adultes et d'enfants ainsi que les langues. Il est parfois surprenant de découvrir des versions différentes de chansons traditionnelles telles que nous les connaissons. Ainsi, dans Yemaya, "A la Claire fontaine" version Amérique Latine prend une tout autre dimension! Les chansons mi en français mi dans une autre langue nous offrent souvent de véritables merveilles, les langues se mariant magnifiquement bien entre elles. Mes filles et moi aimons particulièrement, dans l'album Dounia la très belle version de "Colchique dans les prés" chantée mi en arabe mi en français. quel plaisir de découvrir de nouvelles langues et des instruments peu familiers à travers ces si belles mélodies!


Les livres ne sont pas en reste. Joliment illustrés, ils nous donnent la traduction des chansons, nous donnent divers renseignements sur les pays présentés, nous présentent les instruments de musique ou la cuisine traditionnelle. Ils sont particulièrement bien faits et accessibles pour les enfants. 




Pour l'instant, nous ne connaissons que Yemaya (Amérique Latine), Dalaka (Afrique de l'ouest), Dounia (Maghreb) et Kalenda (Créole) mais il existe aussi un album de musique de la Nouvelle-Orléans que nous n'avons pas encore découvert mais venons d'emprunter à la médiathèque (ce sera pour les prochains jours!). Les quatre albums que nous avons déjà lu et écouté nous ont enchanté mes filles et moi. Ma fille de trois ans et demi  apprécie particulièrement les musiques créoles sur lesquelles elle aime beaucoup danser. 

Une collection à découvrir absolument!










mardi 19 septembre 2017

Au nord du monde - Marcel Theroux

Par Ariane






Auteur : Marcel Theroux

Titre : Au nord du monde

Genre : roman

Langue d’origine : anglais

Traducteur : Stéphane Roques

Editeur : 10 : 18

Nombre de pages : 360p

Date de parution : novembre 2011


Présentation de l’éditeur :

« Ici, dix mois par an, le climat mord la peau. Le silence règne, désormais. La ville est plus vide que le paradis.»
Au nord du monde, la terre s’étend à perte de vue, anéantie par un cataclysme. Parmi les décombres, le shérif Makepeace erre. La route porte ses pas, à la recherche d’un temps qui n’existe plus et d’une humanité à reconstruire. Ravivant à l’horizon la lueur d’une rédemption…

Un roman visionnaire et obsédant sur la beauté du monde et sa fragilité.



Mon avis :

Décidément, ce tour d’horizon des romans post-apocalyptiques me réserve de belles surprises ! On pourrait craindre que toutes ces lectures sur le même thème, ce soit redondant à la fin. Mais pas du tout. Alors même si dans ce roman, j’ai trouvé des ressemblances avec certaines de mes lectures précédentes, j’y ai aussi trouvé des différences. Je l’ai trouvé notamment bien plus perssimiste et sa vision de l’humanité encore plus noire.

A Evangeline, petite ville de Sibérie, il ne reste que le shérif Makepeace. Jusqu’à ce qu’un événement inattendu l’incite à prendre la route à la recherche d’une humanité quasi-disparue.

Difficile de faire un résumé de l’histoire sans trop en dire, car Makepeace rencontrera de nombreuses embûches sur son chemin. Ce personnage tout d’abord. Quelle personnalité ! J’ai beaucoup aimé ce personnage qui nous raconte son histoire avec pudeur et qui sous un aspect rébarbatif cache un bon cœur et une grande intelligence.

Qu’est-il arrivé au monde ? Theroux ne répond pas à cette question, car le récit de Makepeace se déroule plusieurs années après les événements, même si certains détails de son récit apportent des indices. Mais est-ce vraiment important ? Le monde décrit par Theroux est très sombre et la plupart des personnes rencontrées par Makepeace ne donnent pas vraiment foi en l’humanité, bien au contraire. Et pourtant, l’espoir subsiste. Incarné par des personnes comme Makepeace, ou Ping, ou Chamsoudine, ou le vieux prêtre,…

La famille de Makepeace a quitté une vie confortable aux Etats-Unis pour s’exiler dans ces terres hostiles afin de vivre au plus près de la nature (et de leurs principes religieux). Cette question du lien entre l’homme et la nature, ou plutôt du lien rompu, se retrouve chez plusieurs auteurs. Et c’est une problématique passionnante.

L’auteur s’interroge aussi sur la place de la religion et son influence sur la vie humaine. Après tout, c’est aussi pour vivre pleinement leur religion que les parents de Makepeace et d’autres colons ont tout quitté ; c’est la religion encore qui coûtera cher à Makepeace après son arrivée à Hober ; et c’est encore au nom de la religion que d’autres justifieront des actes ignobles. Plusieurs hommes de Dieu sont présents dans le récit de Makepeace : lâches, cruels ou ignorants. En quoi ces hommes méritent-ils le nom d’hommes de Dieu ? D’autres le mériteraient bien plus par leurs actes. Caux qui font preuve de courage, de persévérance, de générosité, de pitié. Comme Makepeace qui finalement porte bien son prénom.

Plus qu’une belle découverte, c’est une pépite !



Extrait :

« Je lui ai dit que, d’après mes observations, il ne fallait pas plus de trois jours avant que le désespoir et la faim sapent tout instinct civilisé chez une personne. Il a souri et répondu que j’avais une vision sombre de la nature humaine et que, d’après son expérience, c’était plutôt quatre. »

J'ai partagé cette lecture avec Laure (son billet à venir plus tard)

D'autres avis chez AifellePapillonHélène,

lundi 18 septembre 2017

La frontière des loups - Sarah Hall

Par Daphné














Auteur : Sarah Hall
Titre : La frontière du loup
Genre : roman
Langue d’origine : anglais
Traducteur : Eric Chedaille
Editeur : Christian Bourgeois
Nombre de pages : 470
Date de parution : 2015

Résumé de l'éditeur :

Rachel Caine travaille dans une réserve indienne de l'Idaho. Elle est sans nul doute le meilleur expert britannique de la biologie et du comportement des loups. À la demande d'un riche propriétaire terrien militant de la cause environnementale, elle accepte de rentrer en Ecosse pour l'aider à réintroduire le loup gris dans son domaine. Pour Rachel, ce retour en Combrie n'est pas uniquement synonyme de changement professionnel. Enceinte depuis peu, elle doit également se réconcilier avec sa famille désunie et faire face au défi que représente la réintroduction d'un animal disparu de l'île depuis plus de cinq siècles. Sur fond de débat sur l'indépendance de l'Ecosse, Sarah Hall interroge la nature fondamentale de l'homme et de l'animal, se penche sur les concepts d'écologie et de progrès, sur les préoccupations les plus obsédantes de l'humanité.

Mon avis :

En lisant  le résumé de ce livre, je n'ai pu m'empêcher de penser à Ron Rash et Barbara Kingsolver, deux auteurs que j'apprécie particulièrement. Il me semblait qu'eux aussi auraient pu écrire sur ce sujet...

Le sujet m'a donc intéressée et c'est avec enthousiasme que j'ai commencé ce livre. Ce roman nous parle de loups, de rapports entre les êtres, qu'ils soient humains ou animaux, d'opinions et de frontières. Frontières géographiques mais également frontière relationnelles, frontières entre les différentes phases d'une existence, frontières entre vie personnelle et vie professionnelle, frontières entre la destruction et la réparation. Qu'elles sont ténues ces frontières et pourtant, parfois si difficiles à franchir...

Si le sujet m’intéressait, j'ai toutefois regretté que la vie personnelle de Rachel, l'héroïne du livre prenne un peu trop le pas sur l'histoire de la réintroduction des loups. Si j'ai appris sur ces animaux en lisant ce livre, j'aurais aimé davantage m'immiscer sur ce terrain lors de ma lecture. Peut-être un engagement un peu plus poussé sur le côté écologique n'aurait il pas été de trop.

J'ai également regretté que les personnages secondaires n'aient pas davantage d'épaisseur. Il aurait ainsi pu être intéressant, sans pour autant perdre de vue le personnage de Rachel, de développer un peu les autres. 

L'écriture de ce livre, bien qu'agréable et facile à lire, m'a cependant paru un peu étrange, très descriptive et presque "clinique". Il y a une certaine froideur dans la narration qui m'a laissé une drôle d'impression comme s'il n'y avait quasiment aucune émotion dans des moments pourtant forts tels que la naissance, la mort, le sentiment de trahison, la passion d'un métier... Cependant, tout cela correspond parfaitement au  tempérament de Rachel et peut-être l'auteur a t'elle adapté son écriture au caractère de son personnage? J'aimerais bien lire un autre de ses écrits afin de confirmer cela...

Un livre qui m'a plu à de nombreux égards mais qui pourtant me laisse un peu sur ma faim...

Extrait :

 Il vient tout près de grillage et se campe sur place pour la regarder, les yeux dans les yeux, regard d'un jaune sans mélange. Museau allongé, truffe frémissante, courte crinière. Un chien d'avant l'invention des chiens. Le dieu de tous les chiens. La créature est si belle que Rachel peine à comprendre ce qui s'offre à sa vue. Lui, en revanche, la reconnaît. Cela fait deux millions d'années qu'il voit et flaire des animaux comme elle. "

dimanche 17 septembre 2017

En cuisine ! - La marquise au chocolat

Par Daphné

Cet été a été l'occasion de tester un très bon dessert : la marquise, sorte de mousse au chocolat glacée qui a régalé petits et grands!

- 250 g de chocolat noir
- 150 g de beurre
- 6 oeufs
- 100 g de cassonade
- 1 pincée de sel

Cassez le chocolat en morceaux et faites le fondre avec le beurre coupé en cubes.

Séparez les blancs d’œufs des jaunes. Dans un saladier, battez le jaune avec la cassonade puis ajoutez le chocolat et le beurre fondu.

Battez les blancs en neige avec une pincée de sel puis incorporez les délicatement au mélange.

Versez la préparation dans un  moule à cake et laissez la 6 heures au congélateur.

Une fois décongelée, ne recongelez pas la marquise, vous pouvez la garder un ou deux jours au réfrigérateur, elle aura alors la consistance d'une mousse au chocolat épaisse. C'est très bon aussi!


samedi 16 septembre 2017

Coyote - Colin Winnette

Par Ariane


Auteur : Colin Winnette

Titre : Coyote

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (américain)

Traducteur : Sarah Gurcel

Editeur : Denoël

Nombre de pages : 128p

Date de parution : mai 2017


Présentation de l’éditeur :

Quelque part au cœur de l’Amérique, dans une bicoque isolée au fond des bois. Des parents couchent leur fillette de trois ans, comme tous les soirs. Le lendemain matin, ils trouvent un lit vide. La petite a disparu sans laisser de traces. La mère raconte les jours qui ont suivi : les plateaux télé sur lesquels ils se rendent, avec son mari, pour crier leur désespoir, l’enquête des policiers, puis le silence, l’oubli. Mais la mère dit-elle toute la vérité?
Maniant la plume comme un Poe des temps modernes, Colin Winnette nous laisse entrevoir les divagations d’un esprit détraqué, d’autant plus angoissantes que cette mère est aveugle à sa propre folie. Coyote est un conte sur la noirceur et la folie des hommes, un roman profondément marquant, difficile à lâcher et encore plus à oublier.



Mon avis :

Une mère couche sa petite fille et retrouve le petit lit vide le lendemain matin… Un cauchemar inimaginable pour tout parent.

C’est la mère qui nous raconte les mois suivant la disparition de son enfant, dans un récit court, au rythme saccadé. Les phrases souvent courtes et hachées se bousculent, traduisant la  descente aux enfers d’une femme effondrée qui glisse de plus en plus rapidement vers la folie. A moins que la cause de sa folie soit plus terrible encore… L’auteur laisse planer le doute et l’épilogue, glaçant, n’apporte pas toutes les réponses aux questions que se pose le lecteur. 
C'est un roman noir, assez glauque même. Violents et alcooliques, des losers sans emploi qui n'ont d'autre occupation que regarder la télé en descendant bière sur bière, les parents ne sont pas vraiment la famille idéale. Entre violences, beuveries et apathie, l'atmosphère est dérangeante, à tel point qu'il est difficile, pour ne pas dire impossible d'éprouver de l'empathie pour ces parents dont on ne sait pas grand chose finalement, même pas le prénom. La petite elle-même n'a pas d'identité. Son prénom n'est mentionné qu'une seule fois, sinon la mère ne l'appelle que "ma fille". Et cette formulation qui prend la place du prénom devient elle aussi dérangeante. Est-ce la possessivité d'une mère qui ne voit son enfant que comme sa chose ? Une façon de déshumaniser l'enfant, de lui ôter son identité personnelle ?
Toutefois, je m'étonne du choix de l'auteur (et/ou de l'éditeur) de publier ce texte seul. Il aurait mieux trouvé sa place, selon moi, dans un recueil de nouvelles.

La comparaison avec Poe ? Il ne faut tout de même pas exagérer !


Extrait :

« Notre ville, c’est pas un endroit où il fait bon vivre, surtout si vous êtes particulièrement heureux. Elle est pleine de gens qui veulent se servir, vous prendre votre bonheur. L’écraser sous leurs talons de merde. »


« C’est ça qui est bizarre avec les enfants : on est prêt à tout sacrifier pur eux, même la personne qu’avant on aimait plus que tout. La personne pour laquelle on aurait donné sa vie, voilà que d’un coup on l’abattrait pour protéger un truc qui sait même pas parler. Qui sait que rouler, faire des petits bruits et toucher votre visage, vos doigts et vos clés comme si c’était la même chose. »

" En vérité, on est tous des tueurs, je crois, quand les circonstances s’y prêtent. On a tous ça en nous"