mercredi 26 avril 2017

Mercredi, c'est le jour des petits - Un immense câlin - Jérôme Ruillier

Par Daphné





Auteur : Jérôme Ruillier
Titre : Un immense câlin
Editeur : L'élan vert

Résumé:

Papa et maman se sont tellement aimés que je suis arrivé dans le ventre de maman. Mais aujourd'hui, ils ne s'aiment plus comme avant. Papa et maman ne vivent plus ensemble. Petit à petit, je m'habitue... Puis un jour, maman me présente un autre papa...



Mon avis :

Voici un album qui aborde la séparation parentale vue par l'enfant avec beaucoup de finesse. Comme toujours dans les albums de Jérôme Ruillier, les illustrations sont originales et très efficaces! Ici, les personnages sont représentés par les couleurs. Si Papa est jaune et que Maman est rouge, alors l'enfant, orange, est un mélange des deux. Et qu'ils sont bien tous les trois quand ils se serrent les uns contre les autres! Mais un jour, Papa jaune et maman rouge se séparent et Maman rencontre un nouveau papa, un papa bleu qui a de son côté une petite fille verte et dont Maman rouge attend à présent un bébé violet. 

Les sentiments de l'enfant sont très bien retranscrits. Par des ronds de couleur qui se superposent, se séparent ou se mélangent, l'auteur explique les choses avec intelligence et simplicité, mettant des mots sur les ressentis de l'enfant : son bien être entouré de ses parents, son désarroi et son sentiment d’être coupé en deux lors de leur séparation, sa colère contre le nouveau compagnon de sa maman, l'acceptation de sa nouvelle famille, famille différente de ce qu'il a connu jusque là mais où l'amour existe malgré tout et où chacun parviendra à trouver sa place. 

Une fois de plus, Jérôme Ruillier signe là un très bel album!














mardi 25 avril 2017

Silo - Hugh Howey

Par Ariane




Auteur : Hugh Howey

Titre : Silo

Genre : science-fiction

Langue d’origine : anglais (américain)

Traducteurs : Yoann Gentric et Laure Manceau

Editeur : Babel

Nombre de pages : 640p

Date de parution : novembre 2014

Présentation de l’éditeur :

Dans un futur indéterminé, des survivants vivent depuis plusieurs générations dans un immense silo creusé dans la terre, à l’abri d’une atmosphère devenue toxique. Seul un écran relayant les images filmées par des caméras les relie au monde extérieur. Lorsque cette société bannit l’un des siens, il est envoyé dehors, vers une mort certaine, et pourtant, tous sans exception vont, avant de mourir, nettoyer les capteurs des caméras. Pourquoi ? Une grande bouffée d’air (frais) dans la SF.



Mon avis :

Cette année, je découvre en compagnie de Laure, la littérature post-apocalyptique. Chaque mois, nous présenterons un roman de ce genre. La plupart du temps il s'agira de lectures communes, mais parfois nous présenterons des romans différents. Silo est le premier que nous présentons. 
La science-fiction ça n’a jamais été mon truc. Mais dans le cadre de ma thématique post-apocalyptique, j’explore de nouveaux horizons. Et avec Silo on est vraiment dans la science-fiction et la dystopie. Et ce n’est pas ce roman qui m’aura convertie à ce genre.

Un silo donc. Un silo souterrain de 144 étages où naissent, vivent et meurent des milliers de personnes. L’air extérieur est irrespirable, des toxines mortelles empêchant l’humanité de vivre à la surface. Alors la vie souterraine s’est organisée. Du haut en bas du silo, chaque étage a sa spécialité, et plus on descend dans les profondeurs du silo, plus on descend dans la hiérarchie sociale. Le statut de chaque habitant est déterminé par son métier. C’est une société rigide, très hiérarchisée et réglementée. Et les contrevenants se voient bannis du silo, envoyés à l’extérieur nettoyer les capteurs permettant aux habitants du silo de voir le paysage mort qui les entoure, avant de succomber, asphyxiés par l’air empoisonné.  

Au début de ma lecture, je me suis prise au jeu. J’ai apprécié les personnages du shérif Holston, du shérif adjoint Marnes et de la maire Jahns. Las, ces trois personnages disparaissent très rapidement. Ensuite nous suivons Juliette, une jeune femme des Machines propulsée shérif suite au décès d’Holston, mais aussi Lukas un ingénieur et des ouvriers des Machines.

L’histoire manque d’originalité, on retrouve ici les grosses ficelles du genre. Tout est déjà vu, déjà lu et attendu. Les rebondissements eux-mêmes ne m’ont pas du tout surprise.

Les personnages sont certes sympathiques, mais complètement caricaturaux : le chef des ouvriers bourru mais qui a bon cœur dans le fond, le vieux savant loufoque mais perspicace, la jeune femme forte et rebelle, le chef de la sécurité brutal et sans cervelle, le chef de la police à la botte du méchant. Tellement caricaturaux qu’ils en sont ennuyeux et qu’il est difficile, voire impossible, de s’attacher à eux. Heureusement que certains d'entre eux nous réservent quelques surprises.

Et puis surtout ça manque de réalisme. Bon je sais que c’est de la science-fiction et même s’il y a science il y a aussi fiction. Mais… Le silo fait 144 étages, et lors de leur descente deux personnages mettent deux jours à atteindre le fond en partant du 1er étage. Il fait quelle taille ce silo ??? Quelle distance entre chaque étage ? Certainement pas la taille d'un étage normal, sinon ils ne mettraient pas si longtemps à monter ou descendre. Et quelle surface pour chaque étage ? Les fermes sont censées produire de la nourriture pour plus d'un millier de personnes : poulet, porc, lapin, œufs, blé, maïs, légumes,… Il faut une très grande surface pour produire tout ça ! Bref, je suis sans doute trop terre à terre, mais ces détails m’ont dérangée et empêchée d’entrer dans l’histoire.

L’écriture manquait de relief et de dynamisme, heureusement que l’alternance des personnages venait ajouter un peu de rythme à cette histoire cousue de fil blanc.

Une lecture longue et ardue pour moi, autant que l’ascension des 144 étages du silo.



Extrait :

« Penser allait encore; on enterrerait vos pensées avec vous. Mais pas de collaborations, pas de groupes coordonnés, pas d'échanges d'idées. »

J'ai partagé cette lecture avec Laure

lundi 24 avril 2017

Le petit prince cannibale - Françoise Lefèvre

Par Daphné















Auteur : Françoise Lefevre
Titre : Le petit prince cannibale
Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : babel
Nombre de pages : 160
Date de parution : 2005 

Résumé de l'éditeur :

Femme déchirée, femme déchaînée, la narratrice est un écrivain qui tente de raconter l'histoire de Blanche, une éblouissante cantatrice que la mort ronge vivante. Mais elle est d'abord la mère de Sylvestre, l'enfant autiste qu'elle veut à tout prix faire accéder à la vie et au monde des autres. Or le petit prince cannibale en ce combat dévore les phrases, les mots de la mère écrivain. Dès lors c'est un véritable duo concertant qui s'élève dans les pages du livre entre deux voix, entre deux femmes, l'une, superbement triviale, s'affrontant à tous les interdits et préjugés qui menacent son enfant, l'autre, la romancière, passionnée, dont les espoirs et les désespoirs se mêlent à ceux de Blanche, son héroïne.

Mon avis :

J'avais lu ce livre il y a quelques années déjà et je m'y suis à nouveau plongée il y a peu. Le petit prince cannibale, c'est l'histoire d'une mère et d'un enfant pas tout à fait comme les autres. C'est aussi l'histoire d'un écrivain et de Blanche, le personnage qui la hante. Mère et écrivain sont une seule et même personne mais qu'il est dur de concilier les deux.

Françoise Lefebvre nous parle ici de son fils atteint d'autisme et de la relation qu'elle entretient avec lui. Une relation basée sur le combat mais surtout sur l'amour. Une mère qui se bat pour ne pas laisser son fils sombrer dans un monde où nul ne pourra l’atteindre. C'est avec des mots très justes qu'elle nous parle de son petit prince cannibale, petit prince car vivant sur une planète un peu différente de la nôtre, cannibale car son autisme dévore sa mère et le dévore lui-même. 

Ce livre est un cri d'amour d'une mère à un fils, un appel au secours et un sauvetage à la fois. Appel au secours d'une mère mais aussi d'un écrivain, dont les élans d'écriture sombrent avec les difficultés de son fils :  "Ce n'est pas tant la mère que tu asphyxies, c'est l'écrivain."
Un sauvetage également car la mère ne laisse jamais l'enfant s'éloigner dans son monde et n'aura cesse de tenter de le ramener dans le sien, ne cédant jamais à la facilité.

L’auteur nous décrit ainsi les moments difficiles vécus avec son fils mais également ceux où l'espoir renaît. Ces moments sont extrêmement forts, ressentis avec une grande intensité par la mère et par le lecteur. Une si grande intensité que l'espace de quelques lignes, il nous semble comprendre, ou du moins saisir un instant le ressenti de cet enfant qui vit tout lui même avec une intensité décuplée.  

Il y a une grande beauté dans l'écriture de plusieurs passages. J'ai notamment trouvé magnifiques les passages où l’auteur nous parle de ses enfants lorsqu'ils étaient bébés et nous décrit la relation qu'elle entretenait alors avec eux. 

Ce livre est à la fois beau et douloureux. Malgré toutes les souffrances endurées,  c'est unehymne à l'amour, à la différence et à l'espoir. 

Extrait :

"Pour apprendre à aimer et tenter de guérir un enfant autiste, c'est beaucoup plus simple de l'imaginer comme un Petit Prince. J'apprendrai ton langage. J'entrerai dans ton silence."


vendredi 21 avril 2017

Les solitudes se ressemblent - Ahmed Kalouaz

Par Daphné
















Auteur :Ahmed Kalouaz
Titre : Les solitudes se ressemblent
Genre : roman
Langue d'origine : français
Editeur : rouergues


Résumé de l'éditeur :

Réfugiée dans une chambre d'hôtel, une femme d'une cinquantaine d'années se rémémore son enfance, dans un camp de harkis du Gard. Jusqu'au milieu des années 70, certains soldats d'origine algérienne ralliés à la France durant la Guerre d'Algérie, vécurent avec leur famille dans ces sortes de camps mlitaires, à l'écart des villages et de la vie normale. Ahmed Kalouaz poursuit son travail littéraire sur la mémoire immigrée, avec toujours ce souci des faits et son écriture sensible. 

Mon avis :

C'est avec un grand plaisir que je poursuis ma découverte des livres d'Ahmed Kalouaz. 

Nous suivons ici l'histoire d'une femme pour qui la chambre d'hôtel dans laquelle elle est réfugiée a un double sens. Car elle connait les chambres d'hôtel en tant que lieu de retrouvailles avec son amant mais aussi en tant que lieu de travail où elle y fait le ménage. Dans cette chambre d'hôtel, elle se remémore son enfance marquée par une double identité compliquée. Fille de harkis, Fatima nous raconte l'histoire de sa famille, famille portant le poids d'un choix qui les fait passer pour traîtres. Aujourd'hui adulte, elle se questionne sur son enfance, sur l'isolement de sa mère, les colères de son père, sur la honte et l'humiliation de ceux qui se sont retrouvés considérés comme traîtres dans leur pays d'origine et comme étrangers dans leur pays d'accueil si tant est que le mot "accueil" soit réellement celui qui puisse être utilisé. 

Une fois de plus, j'ai été touchée par l'écriture d'Ahmed Kalouaz, par sa manière puissante et juste d'entretenir la mémoire mais aussi l'amour. En peu de pages, il parvient à pousser le lecteur à la réflexion et au refus de l'oubli.


Extrait :

 " Camp de prisonniers pendant la Seconde guerre mondiale, des miradors en dominent les abords. C'est là que sont parqués les jouets de l'Histoire. Familles complètes, célibataires, veuves accompagnées de leurs enfants. Tous obéissent à une hiérarchie, une organisation stricte, conduite par un chef de camp, ancien militaire reconverti dans l'humiliation de ceux qu'il considère comme une piétaille de barbares."

mardi 18 avril 2017

Trompe-la-mort - Jean-Michel Guenassia

Par Ariane
Auteur : Jean-Michel Guenassia

Titre : Trompe-la-mort

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Albin Michel

Nombre de pages : 400p

Date de parution : janvier 2015

Présentation de l’éditeur :


Tom Larch est-il vraiment immortel ? Aucun être humain n’aurait pu survivre aux accidents dont il s’est tiré. A-t-il un secret qui le protège des coups du sort ? Ou un ange gardien qui veille sur lui ? Est-ce le hasard ou son instinct de vie qui lui permet de s’en sortir à chaque fois ? Obligé de quitter New Delhi pour Londres à huit ans, Tom est depuis toujours écartelé entre ses deux cultures. Celle de sa mère, indienne, et celle de son père, ingénieur anglais. A dix-huit ans, il s’engage dans les Royal Marines, et devient un héros, malgré lui. Rendu à la vie civile, il devra affronter ses propres démons quand l’un des hommes les plus riches du monde lui demandera d'aller en Inde à la recherche de son fils, que Tom est le seul à pouvoir retrouver.



Mon avis :


C’est avec son dernier roman La valse des arbres et du ciel que j’ai découvert Jean-Michel Guenassia. J’avais eu un coup de cœur pour cette biographie romancée des dernières semaines de Vincent Van Gogh. J’avais donc bien l’intention de lire d’autres romans de l’auteur et mon choix s’est porté sur ce titre. Cette fois-ci je n’ai pas eu de coup de cœur, mais tout de même, ce fut une excellente lecture.


Tom Larch nous raconte sa vie et c’est un destin peu ordinaire que celui de ce métis né d’une mère indienne et d’un père anglais, tiraillé entre deux cultures et qui survit miraculeusement à toute une série d’accidents. On entend souvent qu’une vie comporte en fait plusieurs vies, et le destin de Tom Larch en est une très bonne illustration. Une enfance heureuse en Inde, l’installation en Angleterre, la rupture familiale, l’armée, le retour à la vie civile, l’amour, la paternité puis le retour aux sources. Après de nombreuses années loin de son pays natal, Tom y retourne mandaté par un milliardaire désireux de retrouver son fils disparu. Le retour de Tom en Inde ne sera pas de tout repos, là encore les mésaventures se succèdent.


J’ai préféré l’histoire de Tom avant son retour en Inde. Si alors les événements de sa vie étaient extraordinaires, ils étaient passionnants. Les évènements en Inde ne sont ni l’un ni l’autre.


Mais ce qui m’a vraiment séduite une fois de plus c’est l’écriture de Jean-Michel Guenassia. Pas une seconde je ne me suis ennuyée, le rythme de lecture est particulièrement agréable et même si j’ai lu nombre d’histoires bien plus intéressantes, il est difficile de s’en détacher.


J’ai donc bien envie de continuer à découvrir cet auteur, mais à ceux qui ne l’auraient pas encore lu je conseillerai plutôt son dernier roman.




Extrait :

"Londres n'avait aucun point commun avec Delhi. C'était moche, ça puait, c'était triste à mourir. Et pourtant il n'y avait aucun détritus par terre, pas de vaches dans les rues, ni de chiens, ni de rickshaws. J'ai détesté cette ville lugubre. "

D'autres avis chez Clara, Violette,


http://ennalit.canalblog.com/archives/2016/12/01/34551554.html