vendredi 5 décembre 2014

La nuit tombée - Antoine choplin

Par Daphné: 


                                                        


 



Prix du roman France Télévision 2012
Auteur : Antoine choplin
Titre : La nuit tombée
Genre : roman
Langue d’origine : Français
Éditeur : La fosse aux ours
Nombre de pages : 122p
Date de parution : 2012







 Résumé de l'éditeur:

Un homme sur une moto, à laquelle est accrochée une remorque bringuebalante, traverse la campagne ukrainienne.
Il veut se rendre dans la zone interdite autour de Tchernobyl. Il a une mission.
Le voyage de Gouri est l'occasion pour lui de retrouver ceux qui sont restés là et d'évoquer un monde à jamais disparu où ce qui a survécu au désastre tient à quelques lueurs d'humanité.


Mon avis :

Un roman très court mais d'une incroyable intensité qui nous parle de la mort, du déracinement, de la maladie, mais malgré tout de l'amitié et de la vie. 

L'histoire se déroule sur quelques heures à peine , le livre est court, les mots simples. Et pourtant, il n'en faut pas plus pour nous atteindre et nous plonger dans l'ampleur de la catastrophe de Tchernobyl.

Le déracinement et la mort sont  abordés de manière poignante. En peu de pages, on ressent le désarroi des personnages, leur exil, leur douleur physique et morale. 

C'est un livre qui se lit d'une traite, écrit très simplement et avec beaucoup de poésie malgré la gravité du sujet. Un livre profondément humain.



Extrait:

« Comment dire. Au début, quand tu te promènes dans Pripiat, la seule chose que tu vois, c'est la ville morte. La ville fantôme. Les immeubles vides, les herbes qui poussent dans les fissures du béton. Toutes ces rues abandonnées. Au début, c'est ça qui te prend les tripes. Mais avec le temps, ce qui finit par te sauter en premier à la figure, ce serait plutôt cette sorte de jus qui suinte partout, comme quelque chose qui palpiterait encore. Quelque chose de bien vivant et c'est ça qui te colle la trouille. ça, c'est une vrai poisse, un truc qui t'attrape partout. Et d'abord là-dedans.
De son pouce, il tapote plusieurs fois son crâne.
Je sais de quoi je parle.
Gouri pose sa joue sur son poing fermé.
Moi, poursuit kouzma, des fois, je pense au diable et je me dis tiens, si ça se trouve, il a installé ses quartiers dans le coin et il est là, à bricoler. Il profite de l'aubaine pour se fabriquer un monde à lui. A son image. Un monde qui se foutrait pas mal des hommes. Et qu'aurait surtout pas besoin d'eux. ça colle le vertige, ça, quand on y pense. Un monde qui continue sans nous. Hein. »

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