samedi 31 janvier 2015

This is not a love song - Jean-Philippe Blondel

Par Ariane


Auteur : Jean-Philippe Blondel
Titre : This is not a love song
Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : Robert Laffont
Nombre de pages :
Date de parution : août 2007

Présentation de l’éditeur : 
Ceci n’est pas une chanson d’amour… mais un roman engagé, à la beauté sombre et trouble. Comme si l’auteur de Juke-Box était passé de la ballade au rock.
Dans ses années de jeunesse, la « loose » lui collait à la peau. Aujourd’hui Vincent a le vent en poupe et la quarantaine conquérante : marié à une fille de la grande bourgeoisie britannique, père de deux enfants, il dirige à Londres une chaîne de restauration en plein essor. Pour cela il a dû fuir : la France et sa petite classe moyenne engourdie, ses parents et leur pavillon « qui craint », son frère et sa vie étriquée – et Étienne, son meilleur ami, son double inversé, dont il n’a plus jamais pris de nouvelles. Étienne qui a suivi le chemin opposé – Étienne qui est devenu SDF. Mais cela, Vincent l’ignore. Jusqu’à ce mois de juillet où il revient dans sa ville natale. Et se prend en pleine tête ses certitudes d’homme qui a « réussi » sans un regard pour ceux qu’il laissait derrière lui…

Une histoire de fraternité dérangeante, à la noirceur vénéneuse, comme une claque aux petits arrangements avec notre conscience. Plus âpre, plus grinçant, plus violent, très différent de ce à quoi il nous avait habitués, le sixième roman de Jean-Philippe Blondel étonne, détonne. Et séduit.
 

Mon avis:
Premier ouvrage de Jean-Philippe Blondel que je lis et je suis conquise.
Revenir chez ses parents en vacances est une expérience particulière. On n’est pas tout à fait un invité mais on n’est plus chez soi non plus. Tout est pareil, mais tout a changé, on n’est plus l’enfant de ses parents mais un adulte. Et pourtant quelle nostalgie devant cette vieille chambre, ces anciennes affaires, les posters au mur, les vêtements abandonnés dans l’armoire. On a envie de revenir à une époque d’insouciance, une époque où tout restait à faire. On a envie de remettre une ancienne peau, dont on sait qu’elle est désormais trop étroite. Je m’égare un peu là ! 
J’ai donc beaucoup aimé cet aspect du récit, cet homme qui revient dans son ancienne vie qui lui semble désormais si lointaine qu’il s’y sent étranger.
Toutefois, on ne peut pas dire que ce personnage soit particulièrement sympathique. Il a quitté sa petite ville en looser, gamin immature de 27 ans sans diplôme passant de petit boulot en petit boulot. Il revient en homme d’affaire accompli. Vincent pose un regard acide et méprisant sur ses proches, famille ou amis. Il se montre sans concessions envers ses parents « prévisibles », son frère « très con », sa belle-sœur « petite bourgeoise », ses anciens amis avec qui la soirée est « un enfer ».
Sa femme et ses filles lui manquent, il ne cesse de se le répéter. Pourtant ce n’est pas seulement leurs présences qui lui manquent, mais également l’image qu’elles donnent de lui. Il y a chez lui le côté prétentieux du self-made-man obsédé par l’argent, la réussite professionnelle et le paraître. Il y a donc chez lui certains traits de caractère particulièrement agaçants. 
Mais en même temps, je n'ai pu m'empêcher de la sympathie. Pour le jeune homme un peu marginal qui se cherche. Pour l'homme qui s'est un peu perdu.  
J'ai bien aimé les personnages. Des êtres si ordinaires que l'on a l'impression de les reconnaître, ils nous rappellent une copine, un cousin, une mère... Nous même ? Les lieux aussi, le petit pavillon, l'appartement avec tous ces meubles suédois, le petit traiteur chinois du coin de la rue. Ce roman est par moments profondément ancré dans le quotidien.
Et le destin de l'ami perdu de vue est malheureusement aussi un évènement trop banal. Comme Vincent on se demande ce que sont devenus ces amis perdus de vue. Ceux dont nous étions si proches que rien ne semblait pouvoir changer cette amitié, dont nous pensions qu'ils seraient toujours dans notre vie. 
J’ai adoré le déroulement de l’histoire, la façon dont le retour de Vincent va remuer le passé. L’écriture de l’auteur est également très agréable à lire, on s’y laisse prendre avec beaucoup de facilité.
Une première découverte très réussie. 

Extrait : 
C’était ça, le plus agaçant, chez mon frère. C’était ça aussi le plus rassurant. Et, paradoxalement, le plus attendrissant. Ce manque de confiance en lui qui le poussait à tenter de tout prévoir. Qui le poussait donc invariablement à se planter, parce que personne ne rentrait exactement dans ses schémas. Il y avait toujours un grain de sable dans les rouages et tout l’édifice s’écroulait. Ensuite, il lui fallait beaucoup de temps pour tout reconstruire, brique après brique, planche après planche.

Lu dans le cadre du challenge petit bac organisé par Enna (catégorie musique)


2 commentaires:

  1. Un livre dont je viens de noter le titre, cette m'ayant donné envie de le lire ! J'ai lu il y a quelques mois un roman de cet auteur (G229, je crois) et j'avais bien aimé son univers. Je vais donc continuer d'explorer ses romans avec ce titre-ci !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. G229 est sur ma liste. J'espère que celui-ci te plaira.
      Ariane

      Supprimer