samedi 18 avril 2015

Les douze tribus d'Hattie - Ayana Mathis

Par Ariane



Auteur : Ayana Mathis

Titre : Les douze tribus d’Hattie

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (américain)

Traducteur : François happe

Editeur : gallmeister

Nombre de pages : 433p

Date de parution : janvier 2014

Présentation de l’éditeur :

Gare de Philadelphie, 1923. La jeune Hattie arrive de Géorgie en compagnie de sa mère et de ses sœurs pour fuir le Sud rural et la ségrégation. Aspirant à une vie nouvelle, forte de l'énergie de ses seize ans, Hattie épouse August. Au fil des années, cinq fils, six filles et une petite-fille naîtront de ce mariage. Douze enfants, douze tribus qui égrèneront leur parcours au fil de l’histoire américaine du XXe siècle. Cette famille se dévoile peu à peu à travers l'existence de ces fils et de ces filles marqués chacun à leur manière par le fort tempérament d'Hattie, sa froide combativité et ses secrètes failles.
 

Les Douze Tribus d’Hattie, premier roman éblouissant déjà traduit en seize langues, a bouleversé l'Amérique. Telles les pièces d'un puzzle, ces douze tribus dessinent le portrait en creux d'une mère insaisissable et le parcours d'une nation en devenir.



Mon avis :

Plusieurs lecteurs ont comparé ce roman aux œuvres de Toni Morrison. Étant donné ma récente et difficile lecture de Beloved de cette auteure, j’étais un peu inquiète. Je craignais une lecture aussi rude, une plume aussi complexe. Mais non. La lecture de ce roman est très facile, je me suis sentie à l’aise avec l’écriture d’Ayana Mathis et j’ai pu m’immerger dans l’histoire de cette famille.

Dans ce roman, les chapitres se succèdent indépendamment les uns des autres, comme autant de nouvelles mais avec toujours ce fil conducteur : Hattie, la mère.

Chaque chapitre est consacré à un ou deux enfants à des époques différentes mais selon un ordre chronologique. De 1925 à 190, c’est donc le destin de cette famille qui se déroule avec en toile de fond la ségrégation et l’histoire des afro-américains.

Dans la plupart des chapitres, les enfants d’Hattie sont les narrateurs de leur histoire personnelle. Ils sont à un moment charnière de leur histoire. Hattie est la narratrice de trois chapitres, consacrés à des enfants encore trop jeunes pour prendre la parole.

« Toutes les familles heureuses se ressemblent, mais chaque famille malheureuse l’est à sa façon » disait Tolstoï. Et que de malheurs dans cette famille. Aucun des enfants d’Hattie ne semble heureux et leurs vies et leurs choix sont plutôt tristes et pathétiques. A travers leurs histoires Ayana Mathis aborde des thèmes très nombreux : homosexualité, foi ou hypocrisie religieuse, pédophilie, alcoolisme, …

Et Hattie, si elle apparaît froide et dénuée de sentiments à ses enfants, les chapitres dans lesquels elle prend la parole montrent qu’il n’en est rien. Hattie aime ses enfants plus que tout, mais ayant la charge d’une famille nombreuse, mariée à un homme volage et joueur, elle consacre son énergie à faire tourner sa maison et n’a pas l’occasion de montrer son affection. 

J’ai beaucoup aimé l’histoire de cette famille même si les destins de certains enfants m’ont touchée plus que d’autres. J’ai été particulièrement émue par les chapitres consacrés aux jumeaux, à Ella et à Alice et Billups.



Extrait :

« Hattie savait que ses enfants ne la considéraient pas comme quelqu’un de gentil, et peut-être ne l’était-elle pas, mais quand ils étaient petits, il n’y avait pas beaucoup de temps pour les sentiments. Elle leur avait fait défaut dans des domaines essentiels, mais à quoi cela aurait-il servi de passer les journées à les serrer contre elle et à les embrasser s’ils n’avaient rien eu à se mettre dans le ventre ? Ils ne comprenaient pas que tout l’amour qu’elle avait en elle était accaparé par la nécessité de les nourrir, de les habiller et de les préparer à affronter le monde. Le monde n’aurait pas d’amour à leur offrir ; le monde ne serait pas gentil. »


Lu dans le cadre des challenges Petit bac catégorie prénom et 50 états, 50 billets pour la Pennsylvanie


L'avis de Mimi, Jostein, Kathel,

17 commentaires:

  1. Tiens, jusqu'alors pas trop tentée, ton avis fait un peu pencher la balance vers la case "lecture" !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ravie de faire pencher la balance ! J'espère qu'il te plaira.
      Ariane

      Supprimer
  2. J'ai déjà croisé quelques jolis avis sur ce roman, le tien confirme largement l'idée que je m'en étais fait. Allez c'est décidé, il faut que je le lise.

    RépondreSupprimer
  3. En voilà encore un qui me tente bien! Moi aussi, je commence à faire des listes de livres maintenant ;-) !
    Daphné

    RépondreSupprimer
  4. Je vois que toi aussi, tu as su voir la tendresse sous l'apparence rugueuse d'Hattie...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est un très beau personnage. Les chapitres dans lesquels elle est narratrice sont magnifiques, notamment sa relation avec ses bébés, fusionnelle et très physique, pleine de tendresse. L'image de la mère froide et distante est en complet décalage avec ce que l'on découvre d'elle.
      Ariane

      Supprimer
  5. J'ai cru qu'on allait beaucoup le voir sur les blogs ce roman là, mais pas vraiment. J'essaierai de le prendre à la bibliothèque.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est vrai qu'on l'a moins vu que ce que j'aurai imaginé. J'attendrai ton avis.
      Ariane

      Supprimer
  6. Beaucoup d'avis positifs mais d'autres bien plus mitigés. A priori, il a tout pour me plaire.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'espère qu'il te plaira, il a beaucoup d'atouts.
      Ariane

      Supprimer
  7. Je fais partie des déçues. Ce roman m'a laissé sur ma faim.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai trouvé que le fait qu'on passait d'un personnage à l'autre était assez frustrant. Je suis restée sur ma faim.

      Supprimer
    2. Oui je comprends que cela puisse déplaire. C'est ce qui m'avait beaucoup plu justement ;-)

      Supprimer