vendredi 27 mai 2016

Un hiver à Paris - Jean-Philippe Blondel

Par Ariane


Auteur : Jean-Philippe Blondel

Titre : Un hiver à Paris

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Buchet Chastel

Nombre de pages : 272p

Date de parution : janvier 2015

Présentation de l’éditeur :

Jeune provincial, le narrateur débarque à la capitale pour faire ses années de classe préparatoire. Il va découvrir une solitude nouvelle et un univers où la compétition est impitoyable. Un jour, un élève moins résistant que lui craque en plein cours, sort en insultant le prof et enjambe la balustrade.

On retrouve dans Un hiver à Paris tout ce qui fait le charme des romans de Jean-Philippe Blondel : la complexité des relations ; un effondrement, suivi d’une remontée mais à quel prix ; l’attirance pour la mort et pour la vie ; la confusion des sentiments ; le succès gagné sur un malentendu ; le plaisir derrière la douleur ; l’amertume derrière la joie.

Sont présents les trois lieux qui guident la vie de l’auteur : Troyes, Paris, les Landes. Dans la lignée de Et rester vivant, il y a chez le personnage-auteur-narrateur la même rage pure, la même sauvagerie - pour rester toujours debout sous des allures presque dilettantes.



Mon avis :

J’ai lu ce roman juste après avoir terminé la lecture du recueil de nouvelles de Laurent Gaudé, Les oliviers du Négus. Autant dire tout de suite que pour moi il est difficile de soutenir la comparaison avec un livre de Gaudé.

Victor est étudiant en khâgne. Ce jeune homme de 19 ans a quitté sa province pour étudier dans un prestigieux lycée parisien. Issu d’un milieu populaire, il se sent isolé parmi ses condisciples issus de milieux privilégiés. Il ne comprend pas leurs codes, leurs références. Lui qui a toujours frôlé l’excellence se retrouve rapidement à la traîne. Mais il s’accroche malgré la solitude qui lui pèse de plus en plus. Victor commence à nouer des liens avec un autre étudiant, mais celui-ci met fin à ses jours ne supportant plus la pression exercée par ce milieu concurrentiel. La mort de Matthieu chamboule totalement le quotidien de Victor qui va dès lors partir à la dérive. Il s’éloigne et se désintéresse progressivement de ses études mais entre en contact avec les autres. Il va découvrir que ce que les autres donnent à voir d’eux-mêmes n’est pas forcément vrai. Derrière la façade de l’étudiant brillant et arrogant Victor découvre un jeune homme sensible et généreux. Derrière l’étudiante bourgeoise une jeune fille pleinement lucide. Jean-Philippe Blondel explore le thème bien connu de la réalité des êtres. Et en découvrant ce qui se cache derrière les apparences de ceux qu’il rencontre, Victor va apprendre à se connaître lui-même.

Le personnage de Victor est plutôt sympathique. L’auteur a mis beaucoup de lui-même dans ce personnage, jusqu’à quel point ?

L’intérêt du roman se trouve également dans cette critique cinglante de ces écoles d’élite, de la compétition qu’elles développent entre les élèves, du comportement des professeurs mettant en avant une sélection naturelle éliminant les plus faibles pour ne garder que les meilleurs.

Jean-Philippe Blondel écrit principalement pour la jeunesse et je trouve que cela se ressent dans ce roman. Le style est très abordable et simple, ce n’est pas désagréable à lire, mais je n’y trouve pas le plaisir de savourer les mots, les phrases. Je n’y trouve pas de nuances, de poésie, de musicalité.

Au final, je ne garde pas grand-chose de cette lecture qui ne me correspondait pas.



Extrait :

« La vie, c'est long. Il y a un moment où vous accumulez trop de souvenirs. Alors, vous ouvrez une trappe et les plus douloureux disparaissent. »

D'autres avis chez Clara, Enna, Eva

Lu dans le cadre du challenge Petit bac (catégorie lettre isolée)

8 commentaires:

  1. J'en garde un beau souvenir. Le roman par lequel j'ai commencé la découverte de l'univers de J.P. Blondel, un auteur que j'apprécie.

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    1. Je ne sais pas si j'en essaierai un autre, car le premier que j'avais lu m'avait plutôt plu mais sans me laisser un souvenir impérissable.
      Ariane

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  2. Je te comprends, j'ai déjà lu deux romans de JP Blondel, malgré des sujets qui pouvaient me plaire, le tout ne m'a pas convaincue...

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    1. Je pense que ce n'est pas un auteur pour moi.
      Ariane

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  3. Je n'ai presque rien lu de cet auteur, il ne m'attire pas énormément, pourtant on lit beaucoup de billets positifs sur les blogs.

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    1. Je ne pense pas non plus que ce serait un auteur pour toi.
      Ariane

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  4. C'est drôle car je l'ai moi aussi lu ce mois-ci, et je l'ai trouvé puissant, happant! Le style correspond au personnage de Victor, un jeune homme difficile à saisir. Je l'ai beaucoup aimé pour ce côté mystérieux. Une très belle découverte, donc, pour ma part. Je compte poursuivre avec cet auteur.

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