mardi 13 décembre 2016

Les âmes grises - Philippe Claudel

Par Ariane



Prix Renaudot 2003
Grand Prix des lectrices de Elle 2004
Auteur : Philippe Claudel

Titre : Les âmes grises

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Stock

Nombre de pages : 288p

Date de parution : 2003

Présentation de l’éditeur :

Une jeune enfant est retrouvée morte, assassinée sur les berges engourdies par le gel d’un petit cours d’eau. Nous sommes en hiver 1917. C’est la Grande Guerre. La boucherie méthodique. On ne la voit jamais mais elle est là, comme un monstre caché. Que l’on tue des fillettes, ou que des hommes meurent par milliers, il n’est rien de plus tragiquement humain.
Qui a tué Belle de Jour ? Le procureur, solitaire et glacé, le petit Breton déserteur, ou un maraudeur de passage ?
Des années plus tard, le policier qui a mené l’enquête, raconte toutes ces vies interrompues : Belle de jour, Lysia l’institutrice, le médecin des pauvres morts de faim, le calvaire du petit Breton... Il écrit avec maladresse, peur et respect. Lui aussi a son secret.
Les âmes grises sont les personnages de ce roman, tout à la fois grands et méprisables. Des personnages d’une intensité douloureuse dans une société qui bascule, avec ses connivences de classe, ses lâchetés et ses hontes. La frontière entre le Bien et le Mal est au coeur de ce livre d’une tension dramatique qui saisit le lecteur dès les premières pages et ne faiblit jamais. Jusqu’à la dernière ligne.



Mon avis :


J’avoue que la couverture du roman avec les acteurs de l’adaptation au cinéma ne me tentait pas vraiment. Au contraire, j’en avais un a priori un peu négatif, mais une amie me l’ayant conseillé j’ai passé outre. Et c’est bien parfois de dépasser ses a priori !

En 1917, une petite fille est assassinée. C’est le policier de la petite ville où a été commis le crime qui nous raconte cette histoire qu’il a reconstituée petit à petit en mêlant ses souvenirs personnels et ce que lui ont appris d’autres témoins. Mais il nous raconte aussi le village, ses habitants, la guerre et ses propres douleurs.

Plus que la narration d’un meurtre et d’une enquête, le narrateur nous raconte son village, dépeint des personnages attachants, pitoyables ou odieux, revient sur ses propres souvenirs douloureux. Le narrateur, tour à tour observateur ou acteur des évènements racontés m’a beaucoup touchée dans le regard de compassion et d’empathie qu’il pose sur ses semblables, dans sa pudeur pour aborder son passé. La quatrième de couverture annonçait qu’il portait un secret, et la révélation de ce secret m’a profondément dérangée. A ce moment-là, le titre a pris véritablement sens.

Le village où se déroule l’action est très proche du front, c’est d’ailleurs ce qui y a attiré Lysia l’institutrice, et le décalage est grand entre le quotidien quasi inchangé des habitants et ce que vivent les soldats à quelques kilomètres à peine. La guerre est un bruit de fond et se rappelle aux habitants avec les convois de troupes dans un sens et de blessés dans l’autre.

J’ai tout de suite accroché avec l’écriture de Philippe Claudel. Je me suis laissée porter par l’histoire et par ses mots. Il faut dire que l’écriture coule avec fluidité, les pages défilent sans que l’on s’en aperçoive. Le rythme ne faiblit jamais et si le meurtre de Belle de jour est au cœur du roman, toute place est faite aux histoires secondaires. Il n’y a pas d’enquête menée tambour battant mais le mystère reste entier jusqu’à la fin.

Je suis curieuse de découvrir désormais d’autres romans de l’auteur en espérant retrouver une plume qui me séduira tout autant.



Extrait :



« La mort brutale prend les belles choses, mais les garde en l’état. C’est là sa vraie grandeur. »

http://ennalit.canalblog.com/archives/2016/01/01/33098969.html

8 commentaires:

  1. C'est vrai que ce genre de couverture n'est pas top. Après, chez Claudel, ce que j'admire par dessus tout c'est son écriture. Je trouve que c'est une des plus belles plumes de la littérature française actuelle.

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    1. C'était ma première rencontre avec l'auteur, mais certainement pas la dernière.
      Ariane

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  2. Malgré son succès, je ne l'ai toujours pas lu. De l'auteur, j'ai adoré "la petite fille de M. Linh"

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  3. Je n'ai pas lu beaucoup Philippe Claudel, mais son écriture m'a plu. (ce qui n'est pas souvent le cas pour des auteurs français ! )

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    1. Pourquoi es-tu fâchée avec les auteurs français ?
      Ariane

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  4. C'est le 1er titre que j'ai lu de cet auteur, et j'avais beaucoup aimé, notamment l'ambiance très sombre. Le rapport de Brodeck est excellent aussi, c'est même un incontournable, à mon avis !!

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