mercredi 15 novembre 2017

Mercredi, c'est le jour des petits - Mon enfant de la terre - France Quatromme et Sandrine Bonini

Par Daphné 


















Auteur : France Quatromme
Illustratrice : Sandrine Bonini
Titre : Mon enfant de la terre
Editeur : Les édition des éléphants

Résumé de l'éditeur :

Dors mon enfant et ne tremble pas, ce n'est que le murmure de nos rêves. Comme toi, le monde entier s'endort à la musique de la vie qui va!"

Une berceuse qui évoque le sommeil des bébés du monde, à murmurer au moment du coucher.





Mon avis :

Voilà exactement le genre d'album qui me fait craquer! Tout autour de la terre, des enfants s'endorment écoutant ou observant le monde qui l'entoure. Dans une tendre mélopée, une maman murmure des mots tendres à son bébé, lui faisant faire un tour du monde du moment du coucher chez tous les enfants de la terre. Que ceux ci s'endorment blottis dans le dos de leur mère sous une capuche fourrée comme au Groenland, avec un attrape-rêve comme un bébé indien ou une poupée à souci comme au Guatemala, en tétant dans l'écharpe comme le bébé africain, au son d'une berceuse russe ou au rythme de la derbouka marocaine, tous ont leur propre rituel et ont surtout le point commun d'être tous des enfants du monde.

Le texte est très poétique, conté à la manière d'une berceuse. Telle une ritournelle, chaque double page commence par la même phrase, petite phrase apaisante à murmurer au moment du coucher. Les illustrations sont très belles, pleines de charme et de douceur.

Un très joli livre à lire au moment du coucher pour faire le tour du monde avant de s'endormir...




 








mardi 14 novembre 2017

Par le vent pleuré - Ron Rash

Par Ariane



Auteur : Ron Rash

Titre : Par le vent pleuré

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (américain)

Traducteur : Isabelle Reinharez

Editeur : Seuil

Nombre de pages : 208p

Date de parution : août 2017

Présentation de l’éditeur :

Dans une petite ville paisible au cœur des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d’ossements, ayant appartenu à une jeune femme. Elle s’appelait Ligeia, et personne n’avait plus entendu parler d’elle depuis un demi-siècle.

1967 : le summer of love. Ligeia débarque de Floride avec l’insouciance et la sensualité de sa jeunesse, avide de plaisirs et de liberté. C’est l’époque des communautés hippies, du Vietnam, de la drogue, du sexe et du Grateful Dead. Deux frères, Bill et Eugene, qui vivent bien loin de ces révolutions, sous la coupe d’un grand-père tyrannique et conservateur, vont se laisser séduire par Ligeia la sirène et emporter dans le tourbillon des tentations. Le temps d’une saison, la jeune fille bouleversera de fond en comble leur relation, leur vision du monde, et scellera à jamais leur destin – avant de disparaître aussi subitement qu’elle était apparue.

À son macabre retour, les deux frères vont devoir rendre des comptes au fantôme de leur passé, et à leur propre conscience, rejouant sur fond de paysages grandioses l’éternelle confrontation d’Abel et de Caïn.



Mon avis :

On a tous nos auteurs chouchous. Ceux que l’on retrouve avec plaisir, que l’on attend avec impatience, dont l’on ouvre le dernier roman en se disant qu’on va passer un bon moment de lecture. Ron Rash est de ceux-là pour moi. Chaque lecture a été un plaisir, j’aime son écriture et ses thèmes. Mais… mais… cette fois-ci je n’ai pas autant apprécié ma lecture que d’habitude.

Eté 1968, Eugène et son frère Bill passent la plus grande partie de leur temps à travailler pour leur exigeant grand-père. Leurs seuls moments de détente ce sont leurs parties de pêche du dimanche après-midi. C’est là qu’ils font la connaissance de Ligeia (ou plutôt Jane, mais elle préfère un prénom plus exotique), jeune fille délurée qui passe l’été chez son oncle et sa tante. Eugène tombe amoureux et avec elle découvre l’amour et l’ivresse. Quelques mois plus tard, Ligeia quitte la ville. Mais lorsque 40 ans plus tard ses ossements sont découverts au bord de la rivière, Eugène exhume ses souvenirs de jeunesse et cherche à comprendre ce que son frère lui a caché. Eugène, écrivain raté et poivrot patenté se confronte à Bill, brillant chirurgien et véritable modèle de réussite.

Je me suis assez peu intéressée à la relation entre Eugène et Ligeia. Ces deux personnages ne sont pas franchement intéressants ni attachants. J’aurai aimé que la relation entre les deux frères soit plus approfondie et j’ai trouvé intéressante, quoique peu approfondie, la question de l’héritage familial, de la difficulté de s’affranchir d’un modèle imposé depuis l’enfance.

Dommage pour cette fois, mais je vais continuer à attendre avec impatience un prochain livre de Ron Rash.  



Extrait :

« Á San Francisco, le Summer of Love, l’été de l’amour, a eu lieu en 1967, mais il a fallu deux ans pour qu’il atteigne le petit monde provincial des Appalaches. Sur l’autoroute en février, on a aperçu un hippie au volant d’un minibus bariolé, un évènement dument signalé dans le Sylva Herald. Sinon, la contre-culture était quelque chose qu’on ne voyait qu’à la télévision, tout aussi exotique qu’un pingouin ou un palmier nain. »


« Le silence peut être un lieu. Ce sont les mots qui me viennent. C'est là d'ailleurs, qu'une si grande part de ma vie a été vécue, que des heures vaines se sont écoulées, le bruit le plus fort, le tintement des glaçons dans un verre. »


« Si j’avais pu deviner comment tournerait ta vie, Eugene, il y aurait eu une certaine charité à t’en parler – ça aurait justifié ton ivrognerie et tout ce que tu as fait subir aux autres et à toi-même. Mais tu n’as même pas d’excuse. Ta vie, tu l’as bousillée tout seul. »

D'autres avis chez  Jérôme, Mimi, Kathel, Eva,

lundi 13 novembre 2017

Des femmes qui dansent sous les bombes - Céline Lapertot

Par Daphné
















Résumé de l'éditeur :

Savez-vous pourquoi l'on a accepté de nous livrer ainsi à vous, dans ce que nous avons de plus intime. C'est parce que vous avez marché avec nous. Vous avez couru à nos côtés, la caméra embarquée. Vous avez marché aux côtés de nos mères, lorsqu'elles vendaient nos haricots, nos œufs et notre lait. Vous avez partagé la sueur de nos mères. Vous les avez suivies tout le temps. Vous nous suivez partout, que nous nous battions, que nous vendions, que nous produisions. Vous avez constaté une chose : nous marchons. Nous marchons toujours. La marche est notre socle, le fondement de notre petite civilisation de femmes. Nous marchons pour vendre, nous courons pour fuir mais nous marchons encore pour tuer. " 

Dans ce pays d'Afrique, la guerre civile fait rage et nul destin n'est tracé. Celui de Séraphine s'annonce heureux – elle épousera bientôt l'homme qu'elle aime –, mais il bascule lorsque des miliciens saccagent son village. Elle perd alors toute sa famille, et son innocence. Sauvée in extremis grâce à l'intervention d'une faction de l'armée régulière conduite par l'exceptionnelle Blandine, elle se joindra à sa troupe de " Lionnes impavides ", qui luttent dans l'espoir fou d'un retour à la paix. 

Il est impossible de lâcher ce roman – d'une pudeur et d'une justesse saisissantes –, hymne à l'héroïsme des êtres qui transforment leurs silences en un cri de courage et de fureur. 


Mon avis :

Voilà un livre qui ne laisse pas indifférent. Un livre fort, violent, un livre plein de rage, d'envie de vengeance, un livre demandeur de justice, un livre sans retenue, un livre plein de courage aussi. 

Séraphine est née en pleine guerre civile mais celle-ci ne l'a réellement atteinte qu'à l'âge de vingt ans lorsqu'elle se fait violer et que sa famille, ses voisins et ses amis sont assassinés sous ses yeux. Séraphine a tout perdu et quand Blandine, jeune femme conduisant la troupe des "lionnes impavides", lui propose de rejoindre l'armée régulière, Séraphine accepte et se lance corps et âme dans les combats. Elle se bat, sauve des gens mais en tue également : "Quiconque étouffe mes mots, je le tue." Avec rage, elle sauve et tue mais aussi danse, danse encore et toujours, danse sous les bombes, prenant sa revanche sur la vie et la mort, sur la destruction de son corps, danse pour son pays et pour la liberté de toutes les femmes violées, pour tous les siens et pour l’innocence qu'elle a perdu.

Roman choral, ce livre donne la parole à Séraphine mais aussi au médecin qui l'a sauvé, à Blandine, et à plusieurs autres femmes faisant partie des lionnes impavides. Chaque personnage donne son propre témoignage en réponse aux questions d'un journaliste. Chacun a son histoire, ses propres douleurs. Tous ne viennent pas forcément du même camp au départ mais tous ont souffert. 

Ce livre nous parle de la guerre, de la perte de l’innocence, du sang sur les mains et de la rage au cœur. C'est extrêmement dur, cruel et violent. L'horreur nous est narré avec la froideur d'un scalpel et nous interroge sur la légitimité de la vengeance, du fait de tuer pour servir une cause ou pour dire non, non à la violence, aux meurtres et aux viols. Tuer parce que c'est tout ce qu'il reste à faire. Se relever pour tuer. Tuer pour changer des vies et pour sauver ce qui peut encore l'être...

C'est dur, très dur et à la fois beau et porteur d'espoir... car même sous les bombes, les femmes continuent de danser... 

Extrait :

"Séraphine pense Je suis une guerrière.
Voilà. Une guerrière sans vagin ni pénis, une guerrière qui vengera son corps et celui de sa mère, une guerrière qui, s'il le faut, fera couler son sang pour la reconstruction de son pays."



samedi 11 novembre 2017

Une histoire des loups - Emily Fridlund

Par Ariane



Auteur : Emily Fridlund

Titre : Une histoire des loups

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (américain)

Traducteur : Julianne Nivelt

Editeur : Gallmeister

Nombre de pages : 304p

Date de parution : août 2017

Présentation de l’éditeur :

Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. Un couple et leur enfant dont la vie aisée semble si différente de la sienne. Bientôt, alors que le père travaille au loin, la jeune mère propose à Madeline de s’occuper du garçon, de passer avec lui ses après-midi, puis de partager leurs repas. L’adolescente entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu'il soit trop tard



Mon avis :

J’ai entamé cette lecture assez enthousiaste. Un chalet au bord d’un lac dans une forêt, c’est le genre de décor qui me fait rêver ! L’omniprésence d’une nature fascinante, mystérieuse, magnifique et légèrement inquiétante, c’est tout ce que j’aime. Mais rapidement je me suis retrouvée enlisée dans une histoire à l’atmosphère pesante, oppressante. La tension est palpable et le drame couve. L’issue est certaine dès les premières pages, le récit raconte le déroulé des événements ayant conduit à cette issue tragique.

Je ne saurai vraiment dire ce qui m’a déplu. Après tout, outre le cadre de l’histoire, d’autres éléments m’intéressaient : la marginalité de Madeline et de sa famille, la fascination de ‘l’adolescente pour les nouveaux venus, son intrusion dans le cercle familial, le fonctionnement du trio Madeline/Patra/Paul et l’intrusion du père. Mais aussi les raisons ayant conduit au drame à venir, dont je ne veux pas trop parler ici pour ne pas divulgâcher tous les détails.

Je pense surtout avec les personnages que je n’ai pas accroché. Je les ai trouvés creux et ternes, ils se laissent porter par les événements et leur inaction, notamment face au drame qui se joue sous leurs yeux m’a agacée. Madeline, en tant que narratrice, témoin et acteur passif aurait pu être intéressante, mais je n’ai pas apprécié cette adolescente étrange, ni l’adulte qu’elle deviendra que l’on rencontre de temps en temps au long de son récit.

J’ai également trouvé le récit trop long, il m’a manqué du rythme et je me suis ennuyée. Et je n’ai pas vraiment compris l’intérêt pour l’histoire de l’anecdote du professeur mentor de Madeline lors d’un concours d’histoire (où elle choisira de parler des loups, là encore je n’ai pas compris) et accusé d’agression sexuelle par une autre élève.

Bref, il m’a manqué beaucoup de choses pour apprécier ce roman qui a pourtant bénéficié de nombreuses critiques élogieuses. 


D'autres avis chez Jérôme, Noukette, Eva, Fleur, Fanny, Electra