jeudi 22 juin 2017

La foire aux vanités - William Makepeace Thackeray

Par Ariane


Auteur : William Makepeace Thackeray
Titre : La foire aux vanités

Genre : roman

Langue d’origine : anglais

Traducteur : Georges Guiffrey

Editeur : folio classique

Nombre de pages : 1080p

Date de parution : septembre 1994

Présentation de l’éditeur :

Il s'agit de l'un des plus grands classiques du roman anglais. Le XIXe siècle britannique est divisé entre Dickens et Thackeray comme le nôtre entre Balzac et Stendhal. Thackeray (1811-1863) est l'égal de Stendhal et La Foire aux Vanités (1848), son chef-d'œuvre. Il y utilise un style humoristique ou ironiquement épique pour donner l'un des plus grands romans de satire sociale en langue anglaise. La thèse fondamentale du livre est que, dans la société occidentale, le seul moyen d'arriver, si l'on est sans naissance ni fortune, est de violer tous les principes moraux que la société fait semblant de respecter. La question qu'il pose donc est : qui faut-il blâmer, ces aventuriers, ou le système qui les rend nécessaires ? Le personnage principal est une femme hypocrite, ambitieuse et sans scrupules : on assiste à son ascension au sommet de la société et à sa chute. Autour d'elle s'agite, dans une immense fresque, la «Foire aux Vanités».


Mon avis :

La littérature anglaise du 19ème siècle réserve souvent de belles lectures et le mois anglais est l’occasion idéale pour ces découvertes. Ce roman de Thackeray est un grand classique mais je dois avouer, à ma grande honte, que je n’en avais jamais entendu parler.

Amelia et Rebecca quittent ensemble le pensionnat de Chiswick dans lequel elles ont passé plusieurs années. Les deux amies sont aussi différentes qu’il est possible de l’être. La brune Amelia, est une jolie jeune fille, douce et généreuse, cadette d’une famille bourgeoise. La blonde Rebecca, orpheline née d’un peintre et d’une danseuse, est aussi ambitieuse et calculatrice qu’elle est belle. L’avenir semble tout tracé pour l’une comme pour l’autre, mais tandis que la première subira les coups du sort, la seconde cherchera par tous les moyens à échapper à son destin.

On pourrait croire que ce roman n’est q'une énième histoire de jeunes filles à marier, mais loin de là. C'est une satire acerbe de la société victorienne. Chacun en prend pour son grade sous la plume de Thackeray. Riches ou pauvres, banquiers ou marchands, aristocrates ou nouveaux riches, l’auteur n’épargne personne.

Rebecca est un de ces personnages que l’on adore détester. Égoïste au plus haut degré, arriviste, manipulatrice, menteuse, sans scrupules, intéressée, superficielle, sans cœur et j’en passe. Pourtant on ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine admiration pour cette femme qui a su échapper à son destin et parvenir à ses fins, quels qu’aient pu être les moyens employés.

Au contraire, la douce Amelia suscite peu d’empathie. Certes la demoiselle a un grand cœur, mais la cervelle n’est pas à la hauteur. Sa naïveté confine à la sottise, sa résignation semble plutôt de la passivité, et son admiration sans bornes pour un époux qui n’en mérite pas tant, achève de la rendre pitoyable.  
Thackeray le dit lui-même et s'en étonne, le lecteur n'éprouve que peu d'intérêt pour les personnages comme Amelia et préfère les personnalités comme Rebecca.

Autour de ces deux personnages centraux, figure toute une galerie de personnages, dont peu échappent à la critique acerbe de Thackeray. L’auteur gratte le vernis de la respectabilité pour dévoiler leurs vanités. Et aucun ne semble trouver grâce à ses yeux. Et quel plaisir que cette plume sarcastique ! que ce ton cinglant ! Il s’adresse directement à son lecteur, qu’il interpelle régulièrement. Le lecteur ainsi pris à partie, ne se contente pas de s’immerger dans l’histoire, mais devient observateur et se pose presque d’égal à égal avec Thackeray.

C’est donc une lecture passionnante que je recommande chaudement.



Extrait :

« Et maintenant, disons-le bien haut: Vanitas vanitatum! qui de nous est heureux en ce monde? qui de nous arrive enfin au terme de ses désirs, ou, quand il y parvient, se trouve satisfait? »

http://profplatypus.fr/challenge-classique-2017-la-page/
https://deslivresdeslivres.wordpress.com/2014/06/05/challenge-1-pave-par-mois/comment-page-1/http://ennalit.canalblog.com/archives/2016/12/01/34551554.html

Imaginer la pluie - Santiago Pajares

Par Daphné

















Auteur : Santiago Pajares
Titre : Imaginer la pluie
Genre : roman
Langue d’origine : espagnol
Traducteur :Claude Bleton
Editeur : Actes Sud

Résumé de l'éditeur :


Il n’a jamais connu que les dunes et le désert, et pour toute compagnie sa mère qui lui raconte un monde détruit par la folie des hommes. Ici point de rose à soigner, point de renard ou d’astéroïde à chérir. La nostalgie n’a pas cours, seul compte ce qui autorise la survie : un appentis pour s’abriter des tempêtes de sable ; quelques palmiers et un puits ; beaucoup de lézards – et de rares légumes.
Consciente que son petit prince devra un jour désirer autre chose, la mère fait de lui le dépositaire de ses souvenirs. Elle lui représente ce qui composait l’existence d’avant : le goût du café fumant, l’arôme des fleurs, la rosée du matin sur les fougères, les notes d’un piano – mais aussi la haine, la cupidité et la guerre. Elle sait qu’un jour il faudra partir, s’arracher à ce lieu familier mais précaire.
À la mort de sa mère, terrassé par le silence, le garçon entreprend un long voyage pour revenir vers les hommes.
Fable exquise sur le désert intérieur de chacun, composé d’épreuves, de solitudes et de mirages, Imaginer la pluie s’attache à l’inventaire de ce qui est réellement indispensable à notre bonheur.


Mon avis :


Il y a des livres qui nous emporte et que l'on ne peut lâcher une fois la première page ouverte. Il y a des livres qui nous paraissent si beau qu'il est difficile d'en parler tant on craint de mal le faire. Imaginer la pluie fait pour moi parti de ces livres là.

Iohna a grandi dans le désert, seul avec sa mère. Il ne connait rien des hommes et de la vie en société. Il ne connait pas la pluie ni le confort d'une maison et de la facilité à se nourrir. Ionah ne connait que le désert. Avant, il y eut un monde où les choses étaient plus faciles, un monde détruit par la folie des hommes. La mère de Ionah lui apprend à survivre dans cet environnement aride et sans pitié. Lorsqu'elle meurt, Ionah restera neuf ans seul jusqu'à ce qu'une rencontre vienne changer sa vie et qu'il se retrouve à devoir quitter le désert.

Ionah est un petit prince, un petit prince qui ne connait du monde que ce qu'on a pu lui raconter, un petit prince dont l'innocence tranche avec la violence qui a détruit le monde. Un petit prince qui, grâce aux mots de sa mère survit et imagine ce qu'il n'a pas connu. C'est avec un regard entièrement neuf que Ionah part à la recherche de la civilisation ou du moins de ce qu'il peut en rester. C'est avec un regard neuf qu'il nous conte le monde, son monde et celui qu'il tente de comprendre. Un regard qui nous ramène à l'essentiel, un regard dépourvu de toute convention sociale, de tout conditionnement. 

Ce récit, à la fois poétique et philosophique nous mène à la réflexion, nous pousse à réinventer le monde, à revenir aux origines et à l'essentiel, à nous interroger sur la trace de l'homme sur Terre, sur ce qui est indispensable et ce qui nous semble indispensable, à la frontière entre le trop et le pas assez. 

Solitude, silence, imagination, survie, force du souvenir, poids des mots, mirages et réalité, tels sont les principaux ingrédients de ce qui compose un livre magnifique, un livre qui nous questionne, qui nous chamboule, nous ramène à notre propre conscience, à notre propre humanité.

Un livre profond, un livre à l'écriture aussi belle que nous le promet le titre. Un coup de cœur !



Extrait :

Les enfants grandissent et deviennent des hommes. Les hommes grandissent et se détruisent eux-mêmes."


mercredi 21 juin 2017

Mercredi, c'est le jour des petits - mon amour - Astrid Desbordes et Pauline Martin

Par Daphné

















Auteur : Astrid Desbordes
Illustrateur : Pauline Martin
Titre : Mon amour
Editeur : Albin Michel Jeunesse

Résumé :

- Dis, maman, est-ce que tu m’aimeras toute la vie ? demande Archibald, un soir avant de s’endormir.


Mon avis :

Voici une véritable pépite à mettre entre les mains de tous les enfants et de toutes les mamans.  Archibald demande à sa maman si elle l'aimera toute la vie. Celle-ci lui confie alors un secret, celui de l'amour inconditionnel que ressent une maman pour son enfant. 

Égrenant les moments de la vie quotidienne, passant sans cesse d'une situation à son contraire(situation contraire ou complémentaires?), la maman d'Archibald lui offre une
magnifique déclaration d'amour, lui expliquant qu'elle l'aime quand il lui fait un câlin mais également quand il est en colère contre elle, quand il l'écoute parler et quand c'est elle qui l'écoute, quand ils passent du temps ensemble mais aussi éloignés l'un de l'autre, quand il se fait beau tout comme lorsqu'il est couvert de boutons de varicelle... 

J'aime particulièrement la formule qu'elle emploie lorsqu'elle lui dit qu'elle aime quand il réussit et quand il va réussir (on voit alors Archibald sur l'illustration lors d'une chute à ski). Quoi de plus beau que cette formule pour mettre l'enfant en confiance que de parler d'une future réussite plutôt que d'un échec? Et que de beauté et d'amour à la dernière page lorsque sa maman explique à Archibald qu'elle l'aime parce qu'il est son enfant mais qu'il ne lui appartient pas ! 

Le message de cet album est à la fois beau et simple : l'amour d'une maman est constant quelle que soit la situation. Les illustrations, efficaces, tout en délicatesse et en subtilité renforcent d'autant plus le message du texte. 

Un très beau livre, plein de finesse où prédominent l'amour et la bienveillance!




mardi 20 juin 2017

Meurtres à Lafferton - Susan Hill

Par Ariane




Auteur : Susan Hill

Titre : Meurtres à Lafferton

Genre : roman policier

Langue d’origine : anglais

Traducteur : Johan-Erik Hel-Guedj

Editeur : Robert Laffont

Nombre de pages : 496p

Date de parution : avril 2006

Présentation de l’éditeur :

Dans la petite ville de Lafferton, deux femmes disparaissent sans laisser de trace.
Des qui n'ont apparemment rien en commun. Un secret les a-t-il contraintes à abandonner leur paisible existence ou ont-elles été enlevées ? Mais par qui ? Et a-t-on une chance de les retrouver vivantes ? Simon Serrailler, le séduisant chef de la police locale, confie l'enquête à Freya Graffham, jeune inspectrice nouvellement arrivée de Londres. Intuitive et tenace, Freya devine la présence dans la ville d'un assassin aux pulsions démoniaques.
Reste à déterminer l'identité sous laquelle il se cache. Terrifiante, la voix du meurtrier se même au récit, tandis que le nombre des disparus augmente... Freya semble bien être la prochaine proie choisie par le tueur. Simon Serrailler, l'homme censé la protéger, est celui par lequel le drame surviendra.



Mon avis :

Je ne connaissais pas du tout Susan Hill mais elle fait partie du programme proposé par Lou et Cryssilda pour le mois anglais. C’est toujours intéressant de faire des découvertes, alors allons-y !

Une femme a disparu à Lafferton. Sa disparition n’est pas inquiétante, mais Freya, jeune inspectrice tout juste débarquée de Londres après un divorce houleux, sent qu’il y a quelque chose à creuser.

Alors ce n’est pas vraiment désagréable à lire, mais on ne peut pas non plus dire que c’est intéressant. Trop cousu de fil blanc, des rebondissements qui n’en sont pas, des personnages auxquels on a du mal à s’attacher, certains trop caricaturaux ou juste trop… trop quoi ! Ils manquent totalement de crédibilité. Simon surtout, cet homme est trop parfait : beau, séduisant, séducteur, intelligent, policier et en même temps artiste, faisant tourner les têtes de toutes les femmes, toujours élégant,… Parfaitement ennuyeux oui ! Ce fils de médecins riches, deuxième garçon d’un trio de triplés, me fait penser à un personnage qu’aurait pu imaginer une adolescente dans une quelconque fanfiction. Et je me demande encore à quoi il sert, parce que ce roman fait partie d’une série d’enquêtes de Simon Serailler, mais dans l’histoire ce n’est pas vraiment lui qui mène l’enquête, c’est Freya. Lui il est juste… beau ?

L’histoire en elle-même n’est pas vraiment passionnante non plus. L’identité du coupable se devine assez vite. Les ficelles sont trop grosses,  il y a trop de coïncidences. Et le coup de la cassette enregistrée par le tueur… au secours ! Et que de longueurs ! Notamment tous les passages dans lesquels Freya se languit d’amour pour Simon.

Bref, je ne pense pas continuer la lecture de cette série.