mercredi 26 juillet 2017

Mercredi, c'est le jour des petits - Balthazar a perdu son ours Pépin - Marie-Hélène Place et Caroline fontaine-Riquier

Par Daphné :
















Auteur : Marie-Hélène Place
Illustrateur :  Caroline fontaine-Riquier
Titre : Balthazar et les couleurs
Éditeur : Hatier Jeunesse


Résumé :

Balthazar a perdu son doudou. Il a beau fouiller tous les recoins de la maison, regarder dans toutes les cachettes, il ne le trouve nulle part. C'est alors que Balthazar apprend que son papa, lui aussi, avait un doudou...



Mon avis :

Encore une aventure de notre ami Balthazar ! Un Balthazar bien triste et ennuyé... car à son réveil, ce matin, impossible de retrouver Pépin, son inséparable ours en peluche. Balthazar est prêt à tout pour retrouver Pépin : il le cherche partout, colle des affiches, interroge tout le monde... mais toujours pas de Pépin. Il apprend alors que son papa et son oncle aussi avaient des ours en peluche lorsqu'ils étaient petits... 

A travers ce livre, Balthazar nous parle de la perte d'un objet auquel on tient (et pas n'importe lequel : Pépin est son doudou, son ami!) mais aussi de la filiation et du temps qui passe. A l'image des illustrations, l'histoire est douce et jolie. 

Comme dans de nombreux livres de Balthazar, chaque dialogue débute par l'image du personnage qui parle, procédé que je trouve particulièrement habile et intéressant. 

Il est facile pour le petit lecteur de s'identifier à Balthazar, petit personnage attachant qui vit des choses auxquelles sont souvent confrontés les enfants.

Encore un bien joli livre de Balthazar! Mes filles et moi ne nous en lassons décidément pas!








mardi 25 juillet 2017

Vongozero - Yana Vagner

Par Ariane




Auteur : Yana Vagner

Titre : Vongozero

Genre : roman

Langue d’origine : russe

Traducteur : Raphaëlle Pache

Editeur : Mirobole

Nombre de pages : 482p

Date de parution : septembre 2014

Présentation de l’éditeur :

Anna vit avec son mari et son fils dans une belle maison près de Moscou. Un virus inconnu a commencé à décimer la population. Dans la capitale en quarantaine, la plupart des habitants sont morts et les survivants – porteurs de la maladie ou pillards – risquent de déferler à tout instant. Anna et les siens décident de s’enfuir vers le nord, pour atteindre un refuge de chasse sur un lac à la frontière finlandaise : Vongozero. Bientôt vont s’agréger à leur petit groupe des voisins, un couple d’amis, l’ex-femme de Sergueï, un médecin… Le voyage sera long, le froid glacial, chaque village traversé source d’angoisse, l’approvisionnement en carburant une préoccupation constante.

D’une plume subtile, Yana Vagner happe le lecteur dès les premières pages avec ce récit d’une femme confrontée à une tension psychologique permanente et à une promiscuité subie, au cœur d’une Russie dévastée.



Mon avis :

Mon tour d’horizon des lectures post-apocalyptiques m’entraîne cette fois-ci en Russie, toujours en compagnie de Laure.

J’avoue ne pas vraiment comprendre l’enthousiasme suscité par ce livre. Il n’est pas mauvais, pas du tout, mais il n’a rien d’exceptionnel non plus. Le postulat de départ est on ne peut plus classique : une épidémie qui se déclare, les autorités qui tentent sans succès d’enrayer la contagion mais qui se retrouvent rapidement dépassées, un groupe de survivants qui tente de sauver leurs peaux. L’auteur tient son lecteur en haleine jusqu’au bout, mais il y a tout de même pas mal de longueurs.

Et puis, sans vouloir divulgâcher l’histoire, je trouve que tout se déroule un peu trop bien pour eux. Ils se tirent assez facilement de toutes les situations compliquées qu’ils rencontrent, trouvent sans trop de difficultés de la nourriture, un abri ou de l’essence quand ils en ont besoin, tous les membres du groupe arrivent à destination… Leur voyage est certes pénible et angoissant, mais jamais dramatique. Ce qui dans le contexte est assez peu crédible.

Le petit groupe formé par ces survivants ne forme pas, loin de là, un groupe uni. Ces personnes qui en temps normal cherchaient autant que possible à s’éviter, sont contraintes de compter les unes sur les autres pour survivre. Et malgré la situation, on ne sent aucune cohésion se former entre eux. A se demander comment ils vont parvenir à ne pas s’entretuer une fois réfugiés sur une petite île isolée au milieu d’un lac, dans une cabane de deux pièces ! Il existe d’ailleurs, un second tome consacré justement à la survie sur l’île. Je ne sais pas encore si j’aurai la curiosité de le lire.

Finalement ce que j’ai préféré est sans doute cette confrontation de l’homme et de la nature. Car fuir la contagion n’est pas le seul problème du petit groupe, il faut aussi tenir compte de la rigueur de l’hiver russe. Le froid et la neige compliquent la fuite de ces personnes.

Une assez bonne lecture dans le genre, mais qui n’est pas aussi exceptionnelle à mes yeux que ce que laissaient présager les nombreux avis positifs.  



Extrait :

« Si l'on a décrété un jour qu'il valait mieux vivre à deux pas de la porte et de la fenêtre de son voisin, c'est parce qu'on s'est imaginé que la vie serait plus sûre ainsi en oubliant que n'importe qu'elle connaissance peut se transformer en un ennemi farouche pour peu que l'on possède quelque chose dont elle a réellement besoin. »

D'autres avis chez Aifelle, Kathel, Nicole

lundi 24 juillet 2017

Bébé made in France - Pamela Druckerman

Par Daphné















Auteur : Pamela Druckerman
Titre : Bébé made in France
Genre : essai
Langue d’origine : anglais
Traducteur : Valérie Latour Burney
Editeur : Flammarion
Nombre de pages : 343
Date de parution : 2012


Résumé de l'éditeur :

« Ce n’est pas parce qu’un sujet est traité avec humour qu’il n’est pas sérieux. Le propos de Pamela Druckerman est on ne peut plus important, puisqu’il traite de façon très particulière de la maternité et de l’éducation “à la française”. Nous pensons tout savoir sur ces sujets et nous découvrons en la lisant que nos évidences ne sont pas les siennes, que nos priorités et nos façons de faire et de dire sont loin d’être identiques à celles qu’elle connaît aux États-Unis. Au-delà de la mère et de son enfant, ce sont certaines caractéristiques de notre société qu’elle met en lumière et dont nous n’avons pas totalement conscience. Rien de plus passionnant que cette découverte de nous-mêmes et de ce qui nous distingue de nos sœurs d’outre-Atlantique. » Élisabeth Badinter « Fascinant, drôle, ce livre est un correctif des idées reçues sur l’éducation des enfants. » 


Mon avis :

Ayant un faible pour les livres comparant les manières de considérer la maternité et l'enfance dans les différents pays, cela faisait un moment que j'avais repéré ce livre. Je m'attendais plus ou moins à un livre ressemblant à Comment les eskimos gardent leurs bébés au chaud, c'est à dire à un sujet traité certes de manière humoristique mais qui m'apprendrait cependant beaucoup de choses. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce livre m'a laissé une impression très étrange. 

On découvre là une mère américaine résidant à Paris qui observe et analyse la manière dont les mères françaises agissent avec leurs enfants et établis un comparatif entre l'éducation "à la française" et "à l'américaine". Elle trouve visiblement de nombreux avantages à cette éducation dite française, essayant alors de l'appliquer sur ses propres enfants et d'en faire une certaine éloge à travers ce livre. 

Ainsi, il semblerait que la mère française soit particulièrement élégante, prennent soin d'elles, aient des enfants qui dorment bien, mangent de tout et savent attendre en toutes circonstances, vivent une grossesse et un accouchement très médicalisés ce qui leur convient tout à fait, ne font pas particulièrement attention à ce qu'elles mangent durant la grossesse, accordent beaucoup d'importance à la séparation entre elles et leurs bébés, n'allaitent généralement pas ou très peu et font preuve d'une autorité naturelle qui réussit très bien à leurs enfants. 

Si je regarde un peu autour de moi, je constate qu'en effet, certains de ces points sont plutôt vrais mais en tant que maman, je me demande alors vraiment de quelle planète je viens avec mes jeans et mes baskets, mon refus de la péridurale, mes allaitements "longs", les nuits agitées de ma deuxième fille, mes enfants sortis parfois hurlantes d'un terrain de jeux ou prenant leur chaise au restaurant pour un trampoline, mon éviction systématique de tout aliment "interdit" durant la grossesse et j'en passe... Visiblement, je suis loin de la mère typique française!

Certaines choses m'ont donc particulièrement interpellée et je me suis sentie assez mal à l'aise devant la "méthode" dont nous parle l'auteur à propos du sommeil du bébé, méthode qu'elle semble trouver formidable mais qui me fait quelque peu grimacer. 

Le chapitre "Bébé au sein" m'a lui aussi fait sursauter, l'auteur laissant sous-entendre que les mères américaines en font trop vis à vis de l'allaitement considéré comme très important et qu'après tout, les enfants français étant globalement en meilleure santé que les enfants américains (lesquels sont davantage allaités), l'allaitement n'aurait donc pas une si grande importance que cela. Pour ma part, je crois franchement que si les enfants américains sont en moins bonne santé que les enfants français, c'est tout simplement en grande partie à cause de l'alimentation qu'ils ont dés qu'ils mangent "solide"... 

L'auteur dit avoir été très stressée par l'idée que l'on puisse donner contre son gré un biberon à son bébé dans les maternités. Elle dit ensuite avoir dépassé cette peur et accepté de confier son bébé à la pouponnière afin de ne pas s'infliger cette "souffrance et et ce sacrifice personnel qui lui semblent de l'ordre des choses". Est-ce vraiment une souffrance voire une "torture" comme elle le dit plus loin de garder son bébé avec soi à la maternité? C'est une réalité dans les maternités françaises : l'allaitement est souvent "tué dans l’œuf" à cause de cette histoire de biberon donné à l'insu ou contre la volonté des mamans. Le fait de minimiser cela comme le fait l'auteur m'a donc plutôt ennuyée. Il est fort dommage qu'elle conclue le passage consacré à allaitement par "Le lait industriel est sans doute moins bon pour les bébés mais, grâce à lui, les mamans françaises passent sans doute des meilleurs mois bien plus détendus avec leur enfant". Voilà une conclusion qui ne va guère faire remonter la cote d'un allaitement déjà bien en berne en France...Cela dit, avant même de lire ce chapitre, je me doutais qu'il ne me plairait pas et ceci dés que j'ai vu que la préface avait été écrite par Elisabeth Badinter, auteur dont les propos sur l'allaitement me font bondir!

Au fil des chapitres, nous découvrons que l'auteur trouve beaucoup de choses extrêmement positives dans l'éducation française qu’elle tente alors souvent d'impliquer à ses propres enfants. Si comme je l'ai dit plus haut, je n'adhère pas forcément à ce qui semble tant lui plaire en France, certains points de comparaison entre la France et l'Amérique m'ont laissée sans voix et franchement inquiété pour les petits américains. Pourtant, loin de moi l'envie de juger les parents américains, au départ, en ouvrant ce livre, je voulait juste en apprendre davantage sur les différences culturelles de la maternité. Mais comment ne pas rester perplexe devant l'auteur s'étonnant du fait que les petits français ne mangent pas des bonbons aux fruits mais de vrais fruits ? Si je connais bien sûr les problèmes de l’alimentation aux Etats-Unis, c'est à la lecture de ce livre que j'en ai véritablement pris conscience. 

Il semble exister tout un monde entre la manière de voir l'enfant aux Etats-Unis et en France. Si l'auteur semble valoriser l' "éducation à la française", je ne me suis pas toujours retrouvée dans la description de celle-ci, ayant un peu l'impression d’être une extra-terrestre dans la vision française de l'éducation. Ce que l'on valorise en France n'est pas forcément ce en quoi je crois...Et si certaines choses m'ont paru très étranges dans la manière dont nous est décrite " l'éducation à l'américaine", j'y ai également trouvé des points plutôt positifs, notamment à propos de l'épanouissement et l'estime de soi de l'enfant. 

Je ne pensais pas que la lecture de ce livre soulèverait chez moi autant de questions et c'est avec une impression plutôt étrange que je l'ai refermé...

Extrait :

"Jamais l'on ne m'avait dit que l'éducation était un des fleurons de la culture française, comme la mode ou le fromage. Personne ne visite Paris pour s'imprégner de la position française sur l'autorité parentale et la gestion de la culpabilité. Bien au contraire : les mères américaines que je connais à Paris sont horrifiées par ces Françaises qui allaitent si peu et qui laissent leurs petits de trois ans se promener avec une tétine à la bouche.

Alors comment se fait-il que personne ne parle de tous ces bébés français qui font leur nuit à deux ou trois mois ? Et pourquoi ne dit-on pas que les enfants français n'ont pas besoin d'être l'objet de l'attention constante des adultes et qu'ils sont apparemment capables d'entendre le mot "non" sans faire une crise de larmes ?

Cela ne fait la une d'aucun journal. Pourtant, il me semble de plus en plus évident que les parents français parviennent en douceur à des résultats qui créent une atmosphère familiale radicalement différente."





samedi 22 juillet 2017

30 livres à lire en 2017 bilan

Par Ariane

Jane Austen - Emma 
Russel Banks - American darling 
T.C. Boyle - Un ami de la terre 
Ray Bradbury - Fahrenheit 451 
Anne Brontë - La recluse de Wildfell hall 
Jaume Cabre - Confiteor 
Emmanuel Carrère - Le royaume 
Tracy Chevalier - La dame à la licorne
René Denfeld - En ce lieu enchanté 
Daphné du Maurier - Ma cousine Rachel 
Alexandre Dumas - Le comte de Monte-Cristo 
Susan Fletcher - Un bûcher sous la neige 
Laurent Gaudé - La mort du roi Tsongor 
Tim Gautreaux - Nos disparus 
Valentine Goby - Banquises 
Jean-Michel Guenassia - Le club des incorrigibles optimistes 
Henri James - Le tour d'écrou 
Haruf Kent - Le chant des plaines 
Stephen King - Misery 
Jon Krakauer - Into the wild abandon
Pierre Lemaître - Au-revoir là-haut 
Cormac McCarthy - La route 
Philip Meyer - Le fils 
Hubert Mingarelli - La route de Beït Zera 
Anne Percin - Les singuliers 
Ron Rash - Le monde à l’endroit 
Luke Rhinehardt - L’homme-dé 
Zadie Smith - De la beauté 
Jon Kalman Stefanson - La tristesse des anges 
David Vann - Sukkwan Island

La sonate à Brigetower - Emmanuel Dongala

Par Ariane


Auteur : Emmanuel Dongala

Titre : La sonate à Bridgetower

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Actes Sud

Nombre de pages : 336p

Date de parution : janvier 2017

Présentation de l’éditeur :

N’en déplaise à l’ingrate postérité, la célèbre Sonate à Kreutzer n’a pas été composée pour le violoniste Rodolphe Kreutzer, qui d’ailleurs ne l’a jamais interprétée, mais pour un jeune musicien tombé dans l’oubli. Comment celui-ci est devenu l’ami auquel Beethoven a dédié l’un de ses morceaux les plus virtuoses, voilà l’histoire qui est ici racontée.
Au début de l’année 1789 débarquent à Paris le violoniste prodige George Bridgetower, neuf ans, et son père, un Noir de la Barbade qui se fait passer pour un prince d’Abyssinie. Arrivant d’Autriche, où George a suivi l’enseignement de Haydn, ils sont venus chercher l’or et la gloire que devrait leur assurer le talent du garçon…
De Paris à Londres, puis Vienne, ce récit d’apprentissage aussi vivant qu’érudit confronte aux bouleversements politiques et sociaux – notamment la mise en cause de l’esclavage aux colonies et l’évolution de la condition des Noirs en Europe – les transformations majeures que vit le monde des idées, de la musique et des sciences, pour éclairer les paradoxes et les accomplissements du Siècle des lumières.



Mon avis :

Il me faut bien avouer mon ignorance : j’ignorais totalement qui était George Bridgetower. Ce fut donc une rencontre surprenante et inattendue que celle de ce prodige musical.

Le roman débute à Paris en 1789. George Bridgetower, âgé d’à peine neuf ans, fait ses débuts sur la scène parisienne. Son père a de grands projets pour lui et s’inspire de celui qui est son modèle : Leopold Mozart, le père de Wolfgang. Rapidement le succès est au rendez-vous, les rencontres se multiplient avec les figures les plus importantes de la vie artistique, scientifique et philosophique de Paris. Mais la révolte gronde et les événements poussent George et Frédérick de Augustus à quitter Paris pour Londres.

C’est un roman passionnant et qui aborde de très nombreux thèmes. La moitié du roman qui se déroule pendant les jeunes années de George Bridgetower met en avant la relation père-fils. La relation qu’entretiennent George et Frederick de Augustus est ambivalente. Frederick aime son fils évidemment, mais n’hésite pas à l’utiliser. Il voit en lui un moyen d’obtenir ce qu’il a toujours désiré : la reconnaissance et la richesse. Comme tous les enfants, George voue une confiance absolue à son père que la conduite de Frederick de Augustus finira par détruire. 
L'ambition de Frederick de Augustus s'explique aussi par son parcours personnel. Fils d'un ancien esclave, il refuse de se voir traité de la même manière que les autres noirs, sur lesquels il pose un regard teinté de condescendance. A une époque où le débat sur l'inégalité des races fait rage, où l'esclave est un sujet d'actualité qui trouve de nombreux défenseurs y compris parmi les plus grands intellectuels et humanistes, la situation des Bridgetower père et fils est exceptionnelle. Il y a bien quelques autres noirs ou mulâtres qui se démarquent, comme le chevalier de Saint-George ou Thomas Alexandre Dumas (le père de son fils), que George rencontrera à Paris. Les événements pousseront Frederick de Augustus à s'intéresser au sort de ses semblables, ce sera même l'un des points de rupture avec son fils. La prise de conscience sera en effet bien plus longue pour George. Il est si bien intégré dans la société qu’il fréquente, qu’il ne se considère pas vraiment comme noir. 
Le titre du roman fait référence à la sonate pour violon n°9 de Betthoven, initialement dédiée à Bridgetower mais qui suite à une querelle entre les deux hommes sera finalement dédiée à Kreuzer un autre violoniste. Le choix de ce titre est assez surprenant, puisqu'il laisse présager que l'amitié entre Beethoven et George Bridgetower, leur collaboration et la création de la sonate sont les sujets du roman, or Beethoven n'apparaît que dans le dernier tiers du roman.

C’est un roman passionnant qui rend bien compte de tous les bouleversements tant intellectuels que politiques de l’époque et des espoirs qu’ils suscitèrent. Certains d'entre eux marqueront durablement George. Pour ce garçon qui a grandi dans la cour d'un prince, qui a fréquenté l'aristocratie et été protégé par la noblesse, la Révolution Française et ses exactions seront un véritable choc.
La lecture est aisée et agréable, mais surtout très instructive, quoique le style ne soit pas vraiment en adéquation avec l’époque. Une belle découverte tout de même que je vous conseille.



Extrait :

« Une fois seul, il sortit le violon de l’étui ainsi que l’archer, sur les mèches duquel il passa méticuleusement de la colophane. Lorsqu’il eut terminé, il caressa le violon, comme on caresse un être aimé, le retourna et le cala quelque part à mi-chemin entre son cœur et sa tête, entre l’émotion et la technique, les deux pôles de sa musique. Il leva l’archet et, le faisant glisser sur les cordes, en tira des sons qui s’envolaient, légers, comme si les crins ne frottaient pas vraiment les cordes mais les effleuraient à peine. On devrait considérer le violon comme un instrument dont on caresse mes cordes, pensa-t-il, un instrument à cordes « caressées » plutôt que « frottées ». N’aime-t-on pas ce que l’on caresse ? Si un pianofortiste, un organiste ou un percussionniste pouvait changer d’instrument à chaque performance, au gré de ce que la salle où se tenait le concert mettait à sa disposition, un violoniste par contre ne donnait le meilleur de lui-même qu’avec son violon. Il le transportait avec moi. C’était son complice. »

D'autres avis chez Mimi, Hélène, Fleur,

http://ennalit.canalblog.com/archives/2016/12/01/34551554.htmlhttp://www.livraddict.com/forum/viewtopic.php?id=12135


vendredi 21 juillet 2017

Jours d'exil - Juliette Kahane

Par Daphné




Résumé de l'éditeur :


« … alors que pardon, ironise-t-elle, mais vivre en autogestion et en dissidence, je n’ai pas l’impression que c’est ce qu’ils viennent chercher chez nous, les réfugiés. Ils ne comprennent pas pourquoi c’est si mal organisé ici mais en attendant mieux ils supportent, ils ne sont plus obligés de dormir dans la rue, ils ont moins faim… Et personne, ni les bénévoles naïfs qui débarquent dans ce bazar, ni les premiers intéressés, personne n’y comprend rien. »
Quand elle dit « bénévoles naïfs », son regard dérive un instant vers moi. C’est ce que je dois être pour elle, une bénévole naïve, quelqu’un d’insignifiant et d’un peu ridicule. Lorsqu’elle pénètre dans ce lycée où s’entassent des centaines de réfugiés, Hannah s’interroge. Qu’espère-t-elle trouver en rejoignant toutes celles et tous ceux qui sont venus les aider ?
Jours d’exil reflète les élans et les contradictions de cette femme qui, forte de ses engagements passés dans des organisations d’extrême gauche, porte un regard singulier sur l’occupation du lycée Jean-Quarré, un établissement désaffecté au nord de Paris, par plus de 1 000 migrants durant l’été 2015. Ironique et généreux, son récit ne ménage rien ni personne, et pose des questions qui sont au cœur des débats politiques actuels.

Mon avis :

Voici un livre qui me laisse une impression un peu mitigée. Le sujet m'a beaucoup intéressée et je l'ai trouvé très bien traité. En effet, ce roman est juste et sincère. Il n'omet rien des sentiments contradictoires qui habitent Hannah, le personnage principal. Hannah venue apporter son aide aux personnes réfugiées dans un lycée, tout d'abord poussée par une amie puis finissant par réellement s'engager. Sentiments contradictoires car Hannah est d'une objectivité sans faille, nous livrant le forces et les faiblesses des bénévoles venant en aide aux réfugiés mais également aux réfugiés eux-mêmes. Par le biais du personnage d'Hannah, l'auteur nous parle des contradictions de l'engagement, des différentes manières de s'engager. Elle nous parle de ces personnes, si nombreuses, entassées dans un lycée après avoir quitté leur "chez eux", d'une cohabitation forcée et parfois difficile, du changement de l'opinion française sur le sujet après les attentats. Il y a beaucoup de justesse et de vérité dans ce livre. C'est un livre fort, un livre sur l'engagement, qui n'épargne rien ni personne. Un livre franc et sincère et par cela même, important. Un livre qui interpelle et donne à réfléchir.

Malheureusement, j'ai eu un peu de mal avec l'écriture. Si cela n'enlève rien à la qualité du livre et à l'importance d'écrire sur le sujet, j'avoue avoir un peu peiné à le lire, butant sur la manière dont il a été écrit. Je le recommande néanmoins jugeant sa lecture nécessaire.




Extrait :

"C'est à deux cents mètres de chez toi, disait Ray au téléphone, tu ne veux pas y aller voir, au moins ? Depuis fin juillet, une centaine de réfugiés occupaient un ancien lycée hôtelier, situé de l'autre côté de la place des Fêtes. Désaffecté depuis des années, il avait été repéré par un collectif d'activistes parisiens rompus à l'art d'investir un bâtiment vide. La nouvelle voyageant instantanément par téléphone, beaucoup se trouvaient encore sur les routes de l'exil qu'ils savaient déjà où se rendre en arrivant à Paris, tout en haut de la colline de Belleville, et la centaine d'occupants avait en quelques semaines doublé, puis maintenant, début septembre, presque quadruplé. "
J'avais d'abord ignoré la proposition de Ray. Pourquoi faire ? Les luttes collectives, comme je l'ai dit, j'ai cesséd'y croire et de m'y intéresser depuis si longtempsQuantà la compassion organisée, aux associations de voisins, toutesces manifestations d'esprit citoyen ou charitable, je les évitedepuis toujours. À raison ou à tort, car il existe sûrementparmi elles de très estimables personnes, les bonnes âmesqui se congratulent en faisant assaut de générosité, le cœursur la main, me font fuir