mardi 28 novembre 2017

La servante écarlate - Margaret Atwood

Par Ariane



Auteur : Margaret Atwood

Titre : La servante écarlate

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (Canada)

Traducteur : Sylvianne Rué

Editeur : Robert Laffont

Nombre de pages : 544p

Date de parution : juin 2017 (1ère parution 1985)

Présentation de l’éditeur :

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d'esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d'autres, à qui l'on a ôté jusqu'à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l'austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler... En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté. Paru pour la première fois en 1985, La Servante écarlate s'est vendu à des millions d'exemplaires à travers le monde. Devenu un classique de la littérature anglophone, ce roman, qui n'est pas sans évoquer le 1984 de George Orwell, décrit un quotidien glaçant qui n'a jamais semblé aussi proche, nous rappelant combien fragiles sont nos libertés. La série adaptée de ce chef-d'oeuvre de Margaret Atwood, diffusée sous le titre original The Handmaid's Tale, avec Elisabeth Moss dans le rôle principal, a été unanimement saluée par la critique.


Mon avis :

Laure et mois poursuivons notre tour d’horizon de la littérature post-apocalyptique avec ce roman de Margaret Atwood paru en 1985 et qui connaît un nouveau succès depuis son adaptation en série télévisée.

Quelques années plus tôt, des fanatiques religieux ont renversé le gouvernement et fondé la république de Gilead. Désormais tout est contrôlé, encadré et notamment les femmes. Elles sont Epouse, Martha, Tante ou Servante et assignées à un rôle spécifique. Les Servantes, rares femmes encore fertiles, ont pour seule mission de faire des enfants. Defred est l’une de ces femmes. Elle nous raconte sa vie en tant que Servante ainsi que ses souvenirs du monde d’avant. Ceux d’une jeune femme ordinaire, mariée et mère d’une petite fille.

Ce roman m’a été conseillé dans le cadre de mes lectures post-apocalyptiques, mais il s’agit plutôt d’une dystopie.  Et j’ai souvent du mal avec les dystopies que je trouve rarement crédibles. Peut-être aussi cela m’arrange-t-il de me dire que rien de tel ne pourrait arriver. Car la vie dans la république de Gilead est terrifiante, en particulier quand on est femme. Et pourtant… le pouvoir confisqué par des fanatiques, un contrôle total de la société, l’asservissement des femmes, la délation, l’oppression, la répression… Cela c’est déjà vu. La facilité avec cela c’est passé est déconcertante, de même que la passivité avec laquelle les gens ont accepté ce nouveau mode de vie. Mais là encore, les précédents sont nombreux. C’est sans doute ce qui m’a le plus intéressée dans l’histoire de Defred et de Gilead, cette piqûre de rappel sur la fragilité d’un monde que nous pensons immuable.

A Gilead les femmes n’ont plus aucune liberté, plus aucune distraction n’est autorisée, plus aucun choix n’est possible. Elles ne peuvent travailler, ni rien posséder, elles ne peuvent plus maîtriser leur destin et se voient réduites à une seule fonction, toujours au service des hommes : Epouse, Martha pour la cuisine et le ménage, Servante pour la reproduction. Et ces dernières sont sans doute les plus mal loties de toutes, elles à qui on a arraché leur enfant, soumises à des viols rituels, enlevé jusqu’à leur nom en les rebaptisant du nom de l’homme qu’elles doivent servir (Defred, c’est-à-dire la servante de Fred).

Le récit de Defred est étonnamment détaché, peut-être parce que les émotions sont dangereuses pour elle, un luxe qu’elle ne peut se permettre. Malgré son détachement, on sent sourdre la révolte et la colère de Defred.

Une lecture très intéressante sur la condition féminine et l’intégrisme religieux.



Extraits :

« Notre fonction est la reproduction : nous ne sommes pas des concubines, des geishas ni des courtisanes. Au contraire : tout a été fait pour nous éliminer de ces catégories. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n’est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets, nulle faveur particulière ne doit être extorquée par des cajoleries, ni de part ni d’autre ; l’amour ne doit trouver aucune prise. Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout : vases sacrés, calices ambulants. »


« Il y a beaucoup de choses auxquelles il n'est pas supportable de penser. Penser peut nuire à nos chances, et j'ai l'intention de durer. »


« Un homme stérile, ça n’existe plus, du moins officiellement. Il y a seulement des femmes qui sont fertiles et des femmes improductives, c’est la loi. »

L'avis de Laure avec qui j'ai partagé cette lecture

D'autres avis chez Violette, Jostein


10 commentaires:

  1. Un livre que j'ai lu il y a quelques années et que j'ai beaucoup aimé. Margaret Atwood est une auteure intéressante !

    Je dois être moins optimiste que toi car les dystopies révèlent toujours pour moi ce qui existe déjà ! Bien sûr puisque la dystopie est l'oeuvre d'un écrivain qui porte sur notre monde un regard lucide. Il n'a pas à aller très loin pour dénoncer la société de demain.
    Comme tu le dis, le sort des femmes dans certaines parties du monde est assez ressemblant à celui de la servante écarlate.

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    1. Je n'avais encore jamais lu Margaret Atwood, mais je la relirai probablement.

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  2. Oui, je suis bien d'accord, c'est une lecture très intéressante, ravie de lire que tu as aimé ! A très bientôt pour notre prochaine découverte

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  3. Un roman donc qui tient la route, même longtemps après sa parution!

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  4. Je ne l'ai toujours pas lu, je crois qu'il me fait peur, justement par sa crédibilité possible ... mais je vais le faire tôt ou tard.

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    1. Cela semble tellement impossible, espérons que cela le soit effectivement.

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  5. Il est dans ma LAL depuis quelques mois mais je n'ai toujours pas trouvé le temps de le lire :(

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    1. Si ta liste est comme la mienne, je comprends que tu aies du mal !

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